Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenue le leader mondial des OGM, mais aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. Depuis sa création en 1901, la firme a accumulé des procès en raison de la toxicité de ses produits dont l'un des plus célèbres "le roundup", mais se présente aujourd’hui comme une entreprise des « sciences de la vie » convertie aux vertus du développement durable.

A partir de documents inédits, de témoignages de victimes, de scientifiques et d’hommes politiques, « Le monde selon Monsanto » reconstitue la genèse d’un empire industriel qui à grand renfort de mensonges, de collusion avec l’administration américaine, de pressions et de tentatives de corruption est devenu le premier semencier du monde, permettant l’extension planétaire des cultures OGM.

Il souligne de manière dramatique comment une firme bouleverse les équilibres agricoles et économiques des pays, empoisonne les terres et les hommes, et corrompt les administrations et les chercheurs pour obtenir des autorisations de mise sur le marché, sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature et la santé humaine !

Les OGM constituent un réel débat de société depuis la fin des années 1990.

S'ils sont présentés par ses promoteurs comme un remède aux problèmes alimentaires mondiaux notamment par leurs capacités à s'affranchir ou s'accommoder de conditions de culture difficiles et à offrir de meilleurs rendements, leurs opposants regrettent, outre le manque de recul face à l'impact potentiel de ces produits sur la santé humaine et sur l'environnement, l'insuffisance « des rares études disponibles (qui) ne pouvaient pas être considérées comme validées sur le plan scientifique".

Je me remets davantage aux arguments des seconds que des premiers, croyant que le principe de précaution vaut avant toute manipulation dont on peine à apprécier pleinement les conséquences, me rangeant aux arguments de Hans JONAS selon lequel : "« l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement (et à l'homme)".

Il en va de notre terre comme patrimoine commun, et donc de l'avenir de nos enfants.

Arnaud DUMONTIER

Pour aller plus loin :

  • http://www.arte.tv/fr/1912794.html