Le 11 novembre 1918, la France et l'Allemagne mettaient fin à une guerre dont l'appellation qui lui est restée - "la Grande Guerre" - traduit bien la force de l'empreinte qu'elle a laissée dans la mémoire collective des Français.

8 millions 410 mille Français furent mobilisés.

En effet, chaque commune, chaque village de notre pays porte dans la pierre de ses monuments le souvenir tragique de ses enfants "morts pour la France".

Le 11 novembre 1918, après quatre années d'orage de feu et de fer qui firent plus de 8,5 millions de morts (dont 1 million 375 milles morts ou disparus pour la France soit une moyenne de 900 morts français par jour), les États belligérants signaient dans la clairière de RETHONDES l'armistice qui mettait fin à l'une des plus grandes tragédies du 20ème siècle.

Le premier conflit mondial mobilisa plus de 70 millions de soldats et fit près de 10 millions de morts.

Il y a un devoir intangible de chacun de porter ce message d'horreur et d'espoir et de ne jamais renoncer à le transmettre, et je me félicite vivement de la présence durant toute la cérémonie de la présence de collégiens.

S'ils constituent l'aurore de notre pays (pour reprendre la très belle expression de Paul CLAUDEL), il me semble impératif qu'ils sachent et n'oublient jamais combien la mémoire de celles et ceux qui ont sacrifié leur vie à la France nous oblige.

En ce 11 novembre 2009, c'est moins la victoire d'un peuple sur un autre qu'un geste exceptionnel d'amitié entre deux pays que l'on crût longtemps réduits à deux ennemis héréditaires que l'on célébrait.

Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL, après d'autres, démontraient que le cœur véritable de l'Europe battait au rythme de l'entente franco-allemande alors qu'il y a cinquante ans, c'était une plaie béante attisée par l'épuisement et la vengeance qui nourrissait cette relation.

C'était près d'un demi-siècle, le Général de Gaulle, en visite en République fédérale d'Allemagne, évoquait l'amitié franco-allemande et déclarait : "Notre rapprochement puis notre Union, événements parmi les plus éclatants de toute l'Histoire, c'est afin d'agir ensemble que nous les avons engagés. L'union, pour qu'existe sur l'ancien continent un môle dont la puissance, la prospérité, l'autorité égaleront celles des Etats-Unis. L'union, encore, pour, le moment venu, permettre à toute l'Europe d'établir son équilibre, sa paix, son développement. L'union, enfin ajoutait-il et peut-être surtout, à cause de l'immense tâche de progrès humain qui s'impose au monde et dont la conjonction des valeurs de l'Europe, en premier lieu des nôtres, peut et doit être l'élément majeur".

Hier, le Président de la République française et la chancelière allemande ont démontré que l'Union européenne constituait notre horizon naturel.

En son sein, la France et l'Allemagne seules peuvent accomplir les gestes qui porteront l'Europe plus loin, dans ses ambitions, dans ses frontières comme dans les coeurs en faisant de l'Union ce grand espace de paix et de prospérité.