Ce fut, au travers un film retraçant la douloureuse marche vers l'indépendance d'Haïti et d'un débat, l'occasion de rappeler combien l'esclavage reste un crime contre l'humanité, un crime qui se perpétue encore aujourd'hui sous des formes modernes.

La plupart des puissances européennes se sont livrées à la "Traite".

Pendant plusieurs siècles, elles ont assimilé des êtres humains à des marchandises.

En France, le Code noir, promulgué en 1685, définissait l'esclave comme un "bien meuble".

Il est de la grandeur et de la responsabilité de la France, en assumant son histoire, d'avoir introduit en 2001 cette disposition dans sa législation.

Marcel ABONDJI nous a rappelés que les premiers à combattre l'esclavage furent les esclaves eux-mêmes.

Les révoltes étaient fréquentes, elles étaient sévèrement réprimées.

Plus tard, il y eut le commandant Delgrès, soldat de l'armée républicaine, qui proclama le 10 mai 1802 qu'il voulait "vivre libre ou mourir"; il y a eu Toussaint-Louverture, qui créa les conditions de l'indépendance de Saint-Domingue, devenu Haïti ; il y a eu la mulâtresse Solitude, Cimendef et Dimitile, figures emblématiques des "marrons", comme on appelait alors les esclaves fugitifs.

Ces noms, ces destins, hors du commun, souvent tragiques, trop peu de Français les connaissent.

Pourtant, ils font bien partie de l'histoire de France et l'on peut se féliciter, dans cette salle pleine, de la présence de nombreux jeunes.

Le 10 mai 1848, sous l'impulsion de Victor SCHOELCHER, nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies, la France adopta le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies qui devait conduire à l'émancipation de 250 000 esclaves.

Cependant, l'esclavage recouvre encore une actualité.

Des êtres humains sont en effet encore l’objet d’une traite ignoble : trafic clandestin de migrants en vue d’un travail forcé, industriel ou domestique, ou en vue d’une exploitation sexuelle ; trafic d’enfants enlevés à leurs parents, maltraités, contraints à des tâches harassantes

L'Organisation des Nations Unies estime qu'il y aurait 20 millions d'esclaves adultes et enfants à travers le monde.

Ce combat nous concerne tous car ces pages tragiques n'appartiennent, hélas, pas toutes au passé et je conclurai en reprenant les mots de Gaston MONNERVILLE, lui-même petit-fils d'esclaves :

"Alors, à ceux qui douteraient encore, à ceux qui s'attarderaient à s'interroger sur l'opportunité du grand geste que fut l'émancipation des esclaves et leur appel à la citoyenneté, à ceux qui, pendant longtemps, ont souri de la « naïveté » des révolutionnaires de 1848 et de leurs utopies, nous qui avons médité tant sur l'acte que sur les mobiles du grand abolitionniste, nous qui avons perçu la résonance profonde qu'il a eue dans l'esprit de tous les citoyens du monde, nous crierons de toute notre foi, du plus profond de notre être reconnaissant:

"Oui, Victor SCHOELCHER avait raison".

Pour plus d'informations : http://www.cpmhe.fr/