C'est un sujet que nous avons souhaité aborder avec mes collègues Marie-Christine MAGNIER et Eddy SCHWARZ, sans a priori ni démagogie, et si étrange que cela puisse paraître, nous ne ferons pas de celui-ci un casus belli avec l'actuelle majorité car alors nous sombrerions dans l'impasse.

Cela en surprendra beaucoup, cela en décevra certains, mais rien ne serait plus dangereux et faux que de penser que des positions radicales puissent apporter une solution juste, adaptée et efficace à un problème qui dure, dure, dure sans que nul n'ait jamais osé l'aborder de front.

Que chacun se rassure nous ne ferons preuve ici d'aucune naïveté.

A Pont-Sainte-Maxence vit donc une assez importante communauté de gens du voyage qui pour grande partie est sédentarisée.

Elle occupe des terrains illégalement et ne dispose d'aucun droit sur ceux-ci.

Aujourd'hui se pose enfin la question de leur devenir au travers d'un projet porté par l'équipe municipale.

Nous nous sommes rendus assez longuement sur place pour apprécier les conditions d'existence, le nombre, les ressources, le discours de ces membres car nous nous avons les mêmes interrogations que chacun(e).

Mais pour parler il faut avoir vu, et nous encourageons chacun(e) à aller voir.

L'alternative est simple : ou bien le préfet accorde le concours de la force publique pour mettre un terme (qui ne sera que provisoire) à cette occupation ou bien la ville fait l'effort d'une installation pérenne et saine.

La première option est très flatteuse, elle correspond d'ailleurs aux positions sécuritaires que je défends généralement moi-même.

Cependant, elle ne résout rien.

Pire, elle oppose.

Et ce n'est pas en déversant ses problèmes sur ces voisins alentour que l'on peut s'enorgueillir d'avoir trouvé la panacée.

Ce serait une position à très courte vue.

De surcroît, je dois avouer en mon fors intérieur, alors que je considère comme valeurs cardinales l'autorité de la loi, la force de l'Etat, le respect de la République que cela me chagrine, m'inquiète et me déplait quand on commence à évoquer l'idée qu'il puisse y avoir, sur notre sol, différentes catégories de Français...

Je vous donne un exemple : nous avons rencontré une dame qui vit dans ce camp depuis plus de 50 ans.

Quel sort faut-il lui réserver ?

J'entends tous les arguments notamment ceux frappés du sceau de la vérité sur l'occupation illégale mais je ne suis pas convaincu que la voie judiciaire soit la plus opportune.

La seconde témoigne, certes d'une mise devant le fait accompli regrettable et condamnable, mais forgée d'un pragmatisme louable puisqu'elle donne l'occasion unique de régler le passé et le passif.

Je me rappelle aussi cette phrase d'Albert CAMUS qui veut qu'"une bonne conciliation vaut mieux qu'une victoire ruineuse" et c'est cette maxime qui inspirera notre décision.

Alors, comme nous l'avons souligné, certains éléments méritent d'être approfondis pour parfaire ce dossier et nous serons très vigilants :

  1. son importance car Pont-Sainte-Maxence doit en priorité penser à celles et ceux qui sont déjà sur son territoire. Cela ne doit pas conduire à un appel d'air car notre ville ne peut pas recevoir toute la population des gens du voyage ;
  2. son coût financier afin de ne pas s'engager dans une opération à perte car il en va de l'argent du contribuable ;
  3. le respect strict de l'ordre public pour garantir aux riverains une cohabitation harmonieuse car nul n'est dupe quant aux modes de vie de certains ;
  4. l'humanité car il est de notre devoir d'offrir à ces familles des conditions dignes d'existence car on ne peut pas admettre que les enfants vivent parfois sous des fils électriques menaçant de s'effondrer, des sanitaires précaires, des terrains de boue aux premières pluies.

Le respect de ces critères conditionnera le succès de cette opération et donc notre soutien.

Bonne rentrée à toutes et à tous !

(1) Les débordements commis par des membres de la communauté des gens du voyage mi-juillet à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) à la suite de la mort de l’un des leurs.