Je cédais donc bien volontiers à l'envie de ma chérie qui est aussi curieuse que je suis monomaniaque (nan, ça ne s'attrape pas, je vous rassure), aussi prête à de nouvelles aventures que je suis rarement "hors sol" !

On dira ce qu'on voudra mais bénéficier d'une salle de 300 places dans une ville de près de 13 000 habitants à proximité de chez soi, pour assister à un spectacle d'une artiste découverte par Benjamin BIOLAY (me dit Sandrine pour achever de me convaincre) et le tout pour une somme "je ne dis pas 20 euros, je ne dis pas 15 euros, je dis 10 euros mesdames et messieurs !" c'est un don du ciel...ou un luxe à petit prix que peut se permettre un public où se cotoient très jeunes, jeunes, jeunes adultes et moins jeunes...

Hum...Daphné en concert à la Manékine...j'avais vite compris que pendant deux heures au moins, je serais condamné à ne pas parler politique...ce qui me laissait encore plus dubitatif que d'aller voir une artiste que je ne connaissais pas..ou trop peu...

Néanmoins, en recherchant sur youtube, je passais ma semaine à écouter (et à faire écouter à mes collaborateurs) "l'homme à la peau musicale" (http://www.youtube.com/watch?v=EVU2jH1wUns)...

Mais, je n'en savais guère plus.

Daphné est donc arrivée dans la pénombre de la scène de la Manékine pieds nus dans une longue robe de lamé noir ("non, ce n'est pas ça une robe fourreau" me rectifia ma chérie), pour son voyage fait de charme, de poésie et de retenue.

Accompagnée de 5 musiciens (dont des cordes), elle nous emporte dans son univers aux textes féminins faits de méandres espiègles, parfois effrayants, souvent amoureux et toujours superbes.

Deux heures en fait, c'est bien trop peu pour une artiste qui, loin de se la jouer diva, aime le public venu pour elle, un public qu'elle retrouve pour un instant plus intime aux termes de sa représentation.

Daphné, au-dessus des chanteuses préformatées pour finir aux oubliettes de la téléréalité, à la prose ciselée, aux arrangements envoutants, à la voix qui murmure aussi bien qu'elle tonne (la reprise de Glorybox de Portishead est sublimissime), se révèle comme un vrai joyau de la chanson française devant laquelle on ne peut que s'incliner...chapeau bas (allez voir le clip "l'homme à la peau musicale, vous comprendrez) !

Site de Daphné : http://daphne.artistes.universalmusic.fr/

La critique de Télérama : http://www.telerama.fr/musiques/bleu-venise,65453.php