Je sais : cela tranche brutalement avec l'ambiance enthousiaste voire euphorique qui préside à l'annonce de cette décision...mais il y a une espèce de frénésie dépensière qui s'est engagée sur notre territoire qui m'effraie.

Si le projet remporte tous les succès qu'on lui prête, tant mieux pour l'emploi et l'économie...

Comme je l'ai toujours fait, avec responsabilité, j'applaudirai sans retenue mais sa présentation actuelle ne laisse augurer rien d'heureux.

Savons-nous en fait vraiment où nous allons ?

J'avais déjà eu l'occasion d'exprimer, lors d'un tête à tête avec son membre le plus éminent, mon scepticisme le plus radical puisque ce projet ne me semble pertinent ni en termes politiques, ni en termes économiques, ni en matière de développement.

J'avoue aujourd'hui que ni le dossier que j'ai consulté, ni les articles de presse que j'ai lus ne sont en mesure de me rassurer.

Je ne suis pas le seul à être saisi par le doute puisque le président de la CCPOH, Michel DELMAS, déclare lui-même qu'"à tout moment, ce projet pourrait être arrêté !" (Oise Hebdo, le 27 avril 2011)...à 300 000 euros l'étude de la zone d'activité, je prie pour que nous sachions promptement !

Soulignons l'emploi fort opportun du conditionnel dans cette phrase et tout le long de l'article...nous errons entre espérance dubitative ou voeu hallucinatoire !!!

Donc résumons : on ne sait pas où on va, ni comment on y va, mais on y va...et c'est bien là le problème...car l'enjeu est de taille : 7,5 millions d'euros.

Il faut dire que les prévisions sont à la hauteur de l'investissement : 80 000 visiteurs par an !

Elles furent calculées selon les données de l'insectarium du Québec, qui n'est rien moins que le plus grand insectarium en Amérique et l'un des plus importants au monde, accueillant annuellement près de 400 000 visiteurs.

Comme il est devenu de tradition avec Michel DELMAS, on s'engage dans un projet sans vraiment connaître la méthode (voir la salle des sports), et ce projet en est une nouvelle preuve...ou alors, c'est comme cela que l'on fait quand on est élu : on fonce sur un projet qui se veut tout feu tout flamme sans avoir jamais apprécié sa faisabilité financière parce qu'il est là le problème : le financement n'est pas garanti.

Il n'y a donc que les pouvoirs publics qui peuvent foncer tête baissée sur un projet de 7,5 millions d'euros sans avoir esquissé un montage financier détaillé, solide et pérenne.

Je ne m'en félicite pas !

Nul ne peut en effet se contenter de pareilles approximations sur le montant des aides de l'Etat, des collectivités territoriales, sur la participation du partenaire privé et pour être plus concret : • Combien cela va-t-il coûter à chaque habitant de la CCPOH ? • Combien de temps est-ce que cela va lui rapporter et combien de temps va-t-il falloir attendre avant que cela ne lui rapporte ? • Et est-on seulement certain que cela lui rapporte ?

Il faudra plus que des conditionnels pour me convaincre !