A vrai dire, au mieux il s'agit de roublardise au pire d'amateurisme...ce qui après plus de deux décennies en tant qu'élu paraîtrait très inquiétant de la part de Michel DELMAS.

Le problème qui s'est posé à deux reprises lors du conseil municipal du 17 juin c'est que l'on ne sait pas et jamais ce sur quoi nous délibérons...tout relève du grand flou artistique, de "l'à peu près" et du "je ne sais pas"…y a aussi le «je n’y suis pour rien» qui compte parmi les best of !

Prenons le premier exemple de la salle polyvalente à dominante sportive :

Le 9 mai dernier, la commission des sports s'est réunie dans les conditions de désordre magistrale que j'ai décrites dans mon billet du 13 mai.

A cette occasion, les membres présents ont reçu un document assez précis décrivant le bâtiment, les espaces extérieurs avec un coût à 6 148 086 € HT...

Je le répète : lors des recherches que j'ai effectuées, pas une seule fois, je n'ai vu un tel coût pharaonique, y compris dans des villes telles que Rodez, Dijon, Bourges ou encore Metz !

Lors du conseil municipal, je prends la parole pour exprimer mes plus vives réserves quant à un projet qui me semble démesuré pour les besoins et les finances de notre ville...

Passe encore que je sois interpellé de manière peu courtoise et que l'on me prive d'achever mon propos, mais j'apprends avec incompréhension et désagrément que le document que j'ai sous les yeux et qui me fut distribué par les services municipaux ne constitue en rien un document de travail et dont on va jusqu'à remettre en cause l'existence !

Faites-moi passer pour fou, ce serait plus simple !

Ensuite c'est comme d'habitude...la majorité m'explique que je n'ai rien compris, que l'estimation prévisionnelle ne signifie rien, que c'est comme cela (ça c'est le GRAAAND argument le "c'est comme cela") et patati et patata...

Prenons le deuxième exemple du terrain de football synthétique sur la réalisation duquel j'avais fait reculer la municipalité en octobre 2009.

L'un d'entre nous pose la question du coût de ce terrain...et là la réponse fuse environ 700 000 € soit plus de 200 000 euros qu'il y a 18 mois.

Tout cela confine au "n'importe quoi"...

Parce qu'évidemment la majorité nous explique qu'il n'a jamais été question de 500 00 € (je renvoie à l'article du Courrier picard du 29 octobre 2009), parce qu'elle est incapable d'évaluer la part qui incomberait in fine à la commune, parce qu'en définitive, elle se lance dans des projets sans avoir la moindre idée de ce qu'elle est susceptible de supporter en termes d'engagement financier...c'est un peu l'histoire du type qui se jette à l'eau et qui constate qu'il ne sait pas nager...

Donc, "non" et trois fois "non", il n'est pas possible de soutenir un projet sur lequel nous n'avons aucune visibilité, aucun élément précis, aucune analyse fondée et c'est la raison pour laquelle nous demandons, là encore, à la majorité de retravailler ses dossiers pendant ses vacances.

Il fallait d'autant plus être vigilant que l'article 1 de la délibération dispose que :"le conseil municipal valide le projet d'un terrain synthétique et autorise monsieur le maire à solliciter une subvention, au taux le plus élevé possible, auprès du centre national pour le développement du sport"...c'est à dire que l'on ne peut soutenir la demande de subvention sans se lier les mains avec un projet aux contours très fumeux...

Un terrain de football synthétique ? Oui si nous sommes en mesure de le financer, je ne suis pas enfermé dans une posture dogmatique...mais combien ça coûte exactement ? Quelle est le total et la ventilation des subventions ? Combien reste à la charge des finances communales...

Que l'on me réponde d'abord à ces questions car je ne veux pas signer un chèque en blanc à la majorité...ce serait irresponsable car il en va de l'argent de nos concitoyens.

A bien sur, l'argent on le trouvera toujours ! On empruntera ou on massacrera encore nos concitoyens sur leur feuille d'imposition...sauf que je n'ai pas envie que cela fonctionne comme cela !

Après 30 % de hausse fiscale, ils peuvent peut-être savoir précisément ce à quoi sont employés leurs impôts et la majorité peut aussi s'engager sur le chemin de la réflexion.

Tout cela ne fait pas une méthode de travail et c'est très éloigné du souci qui doit être le nôtre (et plus encore de la majorité qui a la capacité de décider) d'une gestion rigoureuse et d'une planification des dépenses.

Avant de construire sa maison (puisque l'exemple a été avancé hier), on mesure sa capacité financière et on ajuste la réalisation à ses moyens...on ne se lance pas les yeux fermés pour découvrir à la remise des clés le montant de la facture.

Donc, je le répète, ce mode de gouvernement local dont je ne sais s'il est fait de stratagème ou d'insuffisance me paraît inconséquent pour présider aux destinées de notre ville.