Cet élément est aussi à mettre justement en perspectives avec les 5 ou 6 millions de Français qui ont suivi le débat des primaires socialistes, signe du pouvoir d’attraction demeuré intact qui auréole encore la parole présidentielle.

Pédagogue et percutant, le Président de la République a dressé un tableau juste et très préoccupant de l'état de notre pays dont les finances publiques et leurs perspectives sont particulièrement alarmantes...conséquences lourdes de près de 40 ans de politiques menées comme en apesanteur...avec déraison et imprévision.

Pensez donc : Le dernier budget voté en équilibre remonte à 1975 et depuis, tous les budgets sont votés et exécutés en déficit.

Aujourd'hui, la dette de la France s’établit à presque 1 700 milliards d'euros...trop c'est trop...tout le monde en est convaincu...mais chacun(e) doit savoir que la seule solution pour inverser cette dynamique dramatique, sauver notre système social est de réduire nos dépenses publiques et de refondre notre modèle économique (par une convergence vers l'Allemagne et une Europe davantage intégrée et osons le mot "fédérale").

A titre personnel, je suis convaincu que nous n'y échapperons pas...et que le sauvetage de notre pays passera nécessairement par des mesures impopulaires qui ne seront comprises qu'à la condition d'être expliquées et assumées par tous...et qu'elles ne doivent pas s'abattre sur les seules classes moyennes au risque de se condamner à une défaite cuisante en 2012...mais alors ce sera bien fait...

Je suis ainsi convaincu que les Français(es) peuvent adhérer à un langage de vérité qui, hélas, n'aurait rien d'autre à nous "offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur" selon la formule de Winston CHURCHILL à la Chambre des communes le 13 mai 1940 car il s'agit rien de moins que de sauver la France du gouffre dans lequel la Grèce s'est précipitée et qui menace l'Italie, l'Espagne...

Alors, en 2012, il existe bien évidemment une alternative, celle incarnée par François HOLLANDE.

Ajoutons à cela qu'il existe aussi une envie d'alternance dûe à l'usure d'une majorité qui occupe l'Elysée depuis 1995 et à la crispation liée à la personne du Président de la République en raison des errements de son début de mandat où tout ne fut pas du meilleur goût...

J'en conviens sans peine car on ne fait pas de politique sans conserver son esprit critique et se l'appliquer à soi-même et à la cause que l'on sert.

Ainsi, je fus moi-même décontenancé par ces écarts qui ne correspondent pas du tout à l'idée que je me fais de la politique, de la dignité de la fonction et du service de l'Etat.

Cependant, j'assume ce bilan et demeure un partisan infaillible du Président de la République...je suis de ceux qui font de la politique avec affect, fidélité et constance (tous les autres "des mercenaires" ne trouveront jamais grâce à mes yeux)...

Ne comptez donc pas sur moi pour vouer aux gémonies celui pour lequel je me suis engagé et agonir le parti dont je défends les valeurs...l'opportunisme ou le déni de mémoire ne font pas partie de mon ADN politique.

De la même manière, ceux, au sein de notre mouvement, qui pensent pouvoir tirer leur épingle du jeu de la défaite du Président de la République se trompent immanquablement.

Son échec nous emportera tous.

Nicolas SARKOZY reste le meilleur candidat pour la droite en 2012.

Pour l'avoir approché et accompagné assez souvent, aucun n'a sa vista intellectuelle, sa maîtrise des dossiers, sa vision globale des enjeux et sa capacité à galvaniser les hommes.

Je sais en outre qu'il a tiré toutes les conséquences de ses écarts...trop répétitifs et trop flagrants.

En face, il y aura entre autres François HOLLANDE dont l'état de grâce s'est déjà échoué cette semaine.

Il a l'air sympa François HOLLANDE (et moi-même je lui accorde cette présomption de sympathie) lui qui se pose comme voulant être un "président normal"...sauf qu'en feuilletant les hebdomadaires de cette semaine j'ai appris qu'il avait érigé l'indécision comme mode de fonctionnement...

Ce serait un peu gênant quand même lorsque la guerre éclate aux marges de l'Union européenne comme en Tchétchénie ou lorsque la barbarie s'abat en Afrique du Nord comme en Lybie de ne savoir que faire et d'attendre pour voir...

Il a l'air compétent François HOLLANDE lui qui affectionne comme discipline l'économie...sauf qu'il est absolument mensonger de faire croire aux Français(es) qu'il est possible de toujours orienter les dépenses à la hausse (je vous renvoie à l'article de Patrick ARTUS dans l'Express daté du 20 octobre)...Son projet d'embauche de 60 000 professeurs et son contrat de génération (200 000 emplois créés et financés par l'Etat) conduiront directement à l'achèvement de nos finances et à la perte de notre fameux AAA (qui nous permet d'emprunter sur les marchés à des taux relativement faibles).

Quant au programme socialiste, c'est le "grand bond en arrière" pour reprendre l'expression de Nicolas BAVEREZ.

Si vous intégrez à ces éléments les tensions très fortes entre l'aile gauchiste (Arnaud MONTEBOURG & Benoit HAMON) et droite du PS (Manuel VALLS), les forces centrifuges et indisciplinées des Verts qu'incarne la nouvelle accusatrice publique Eva JOLY (que j'aimais bien toutefois comme juge d'instruction) et l'esprit de fermeture de Jean-Luc MELENCHON, vous obtenez une majorité très hétéroclite, très amère, très passéiste qui condamne l'éventuelle future majorité à une paralysie qui ne dépareillerait pas sous la IV République...mais pendant ce temps-là, le monde avancerait et ne nous attendrait pas !