Il s'appelle August LANDMESSER et tout, dans sa posture (bas croisés) et son expression (moue dubitative), marque sa distance et sa critique à l'encontre d'une idéologie qui avait commencé à emporter le monde au fond des abimes.

La frontière est souvent ténue du basculement de l'homme de la civilisation à la barbarie et même de la civilisation à l'indifférence et aujourd'hui encore, elle irrigue l'engagement politique.

Qu'aurait fait chacun durant la Seconde guerre mondiale ? On a tous une idée pour l'autre mais pour soi ? On a tous une idée avec 60 ans de recul mais aujourd'hui ?

Embrasser le zèle nazi ?

Ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre ?

S'engager dans l'armée des Ombres ?

Certes les cataclysmes ne menacent plus notre pays engagé, depuis 1945 sur la voie de la paix, mais si l'intensité des décisions est moins marquée, leur nature n'a pas varié depuis.

La politique exige des âmes bien affermies et un humanisme viscéral.

Elle ne s'accommode pas des humeurs personnelles, ni des motivations désintégratrices du bien commun, ni de l'inconstance des convictions.

Que vaut la parole d'un homme quand elle n'est pleine que de haine et de division ?

Que vaut l'engagement d'un homme quand son cours se confond avec celui du vent, ballotté par son seul opportunisme ?

J'ai déjà beaucoup appris de la politique et de tout ce qu'elle exige pour ne pas sacrifier ce qu'elle a de grand sur l'autel des combines et des reniements.

Je ne céderai jamais sur mes valeurs, mes croyances et mes ambitions et n'adopterai jamais aucune autre ligne de conduite que celle que je suis depuis le 1er jour de mon implication car la politique meurt de toutes celles et ceux qui se servent d'elle plutôt que de la servir.