Dans le mauvais, car il prête à toutes les polémiques, à tous les emportements et aux idées simples.

Dans le bon, car il participe de l’organisation de vie de la Cité...des conditions du vivre ensemble...

Je l'ai dit : je me saisirai pas de cette question pour porter le fer...ce serait trop facile de céder aux élans populistes qui stigmatiseraient, opposeraient...les bons ne sont pas d'un coté et les mauvais de l'autre.

Chacun connaît la situation : le projet d'implantation d'une vaste zone commerciale sur les terrains occupés par des gens du voyage, pour beaucoup sédentaires depuis une, deux, trois, quatre décennies...Pour ma part, je les ai toujours connus à Pont-Sainte-Maxence, et je les considère comme des Maxipontains à part entière.

Ceux-ci ont été déplacés dans la mesure où le directeur du centre E. Leclerc a acquis l'ensemble des parcelles et nul ne peut lui reprocher de vouloir jouir de son bien qui peut participer du développement de notre commune.

Les gens du voyage que j'ai rencontrés à plusieurs reprises étaient parfaitement conscients de la précarité de la situation, et beaucoup s'attendaient à devoir quitter les lieux "sous l'imminence des engins de chantier" qui ont d’ailleurs débuté leurs travaux.

Ce projet date...holalala...ma mère ayant travaillé dans cette grande surface, j'en ai toujours entendu parlé...Il serait faux de dire qu'on vient de le découvrir...ce qui permettait d'anticiper toutes évolutions voire toutes accélérations qui viennent justement de se produire...

La mairie a donc été contrainte (disons de manière diplomatique) "d'encourager" les gens du voyage à se déporter au-delà de leurs limites originelles. Je reste prudent comme il se doit car les enjeux sont sérieux et je démêle mal ce que l'on savait de ce que l'on ne savait pas...Ils sont maintenant implantés à proximité du passage à niveau de Sarron sur un terrain qui mérite d'être grandement et rapidement viabilisé et qui était destiné à l'aire d'accueil.

Et maintenant ? Qu'allons-nous faire ? La décision prise de permettre leur nouvelle implantation recueille notre soutien car il y avait urgences...même si je le répète, leur transfert (ou évacuation) ne date pas d'hier...mais comme je ne sais pas ce qui avait été dit dans le cadre des négociations entre la mairie et la communauté, je ne ferai pas de procès d'intention.

Pour qui s'est rendu sur place, chacun peut raisonnablement apprécier que la situation demeure encore autant précaire qu’avant et ne peut souhaiter qu’elle ne soit que provisoire...de grosses pierres servent de sol facilement imbibé, le ciel est obstrué de lignes à haute tension et la ligne ferroviaire longe le site...

C'est je veux le croire, non une installation durable mais bien momentanée...sans compter que les relations se tendent avec le voisinage.

A titre personnel, j'estime que tout cela n'a que trop longtemps duré...pas ce déplacement initié par l'actuelle municipalité, et encore hier soir lors du conseil municipal, Michel DELMAS nous a assurés qu'il n'a pas vocation à être pérenne...non, je pense à cette fameuse question des gens du voyage...celle que nous connaissons depuis des décennies et que j'espère, si cela n'est pas fait avant, contribuer à résoudre.

Les gens du voyage ne sont pas des citoyens de seconde zone...et c'est avec beaucoup de lucidité qu'ils parlent d'eux-mêmes...

Que demandent-ils ? Non pas à vivre en méconnaissance des lois et des règles...non pas au détriment de ceux du "pays"...non pas en profitant du système...mais différemment...et notamment avec un habitat (chalet ou caravane) qui leur est propre...

Rien n'est plus grossier que de penser que l'on gagnera en déterrant la hache de guerre, et je répète à l'envi cette phrase d'Albert CAMUS "mieux vaut une bonne conciliation qu'une victoire ruineuse".

Il faut donner collectivement les moyens aux gens du voyage de vivre dans la dignité...et je dis cela avec conviction sans crainte de ce que cela peut me coûter électoralement...je n'ai que faire d'une approche idéologique sur ce sujet.

Très rapidement, la commune doit investir pour que l'environnement offre des conditions de vie favorables...en termes de réseaux d'eau et d'électricité...en termes d'aplanissement et de verdissement du terrain, en termes de sécurisation du site...et tous les gens du voyage que j'ai rencontrés et que je rencontre sont prêts à s'engager dans une démarche constructive, positive et responsable...en acquittant toutes les charges liés à leur habitation que le terrain soit loué ou acheté.

Nous ne pouvons pas attendre que de guerre lasse, ils quittent d’eux-mêmes l’endroit ou que les communes alentour participent de l’effort, ce dont elles ne veulent même pas imaginer !

C'est un des engagements qui comptera parmi ceux de mon programme et j'espère aller plus loin dans ce partenariat avec eux en les associant pleinement à ma campagne.

J'emprunte à mon professeur de droit Bernard STIRN les mots de conclusion (ceux qui fondent mon entrée en politique) : "on ne fait pas de la politique pour les ors de la République. On en fait parce que les gens ont des problèmes et qu'on se doit de les résoudre".