Monsieur le président, Cher(e)s collègues,

Vous me permettrez de débuter mon propos en empruntant à Pierre MENDES-FRANCE (dont plus personne n’ignorera maintenant que la place de l’hôtel de ville de Pont-Sainte-Maxence porte le nom) cette citation fameuse extraite de son discours du 3 juin 1953 : « gouverner, c’est choisir, si difficiles que soient ces choix ».

Car ce sont bien des choix difficiles que nous avons à faire au regard de la lente et inexorable dérive qui a prévalu jusqu’alors sous la précédente mandature : dérive dans la gestion budgétaire, dérive dans la gestion du personnel, dérive dans l’expression démocratique de notre assemblée, dérive dans l’égo boursoufflé de son président.

J’entends bien que l’on cherche ici à atténuer ses propres responsabilités, là à rejeter sur autrui ses propres turpitudes et errements ou encore à faire de l’accession de la droite à la majorité une onzième plaie d’Égypte qui accablerait notre département.

Mais, enfin, la réalité est que rien, absolument rien, aucune posture, aucun aveuglement ne résiste à l’audit réalisé par le cabinet indépendant Ernst et Young tant les chiffres sont accablants et implacables.

Ils sont aussi froids que la lame d’un scalpel d’un médecin légiste.

Aussi, aussi l’enjeu de notre élection est très simple, nous le vivons malheureusement en grandeur nature pour notre pays comme l’a rapporté fort justement mon collègue Éric de VALROGER lors de la première décision modificative, et d’ailleurs est-ce qu’il pouvait en être autrement pour nous dans l’Oise ?

Il ne s’agit pas que de sauver notre département du repli et de la faillite, tous les deux signes d’infamie pour son histoire, sa population et son potentiel.

Cela serait très insuffisant au regard de ce qu’attendent de nous nos concitoyen(ne)s et nos collègues élu(e)s dans les 21 cantons.

Il s’agit de redonner tout son sens à l’action publique et de construire l’avenir de notre département pour ses habitants.

Au laxisme, il nous faut opposer le sérieux.

Au clientélisme, il nous faut opposer l’intérêt général.

Au mépris et à la confrontation, il nous faut opposer la tolérance et accepter aussi de penser contre soi.

Et d’ailleurs, les électeurs n’ont pas été dupes en sanctionnant une majorité, d’aucuns diront un clan, une méthode, d’aucuns diront un système.

A la suite de Cicéron dans sa première catilinaire, c’est bien Ô tempora, ô mores que nous pourrions nous exclamer.

Qu’avons-nous constaté sinon que rien n’est plus dangereux pour un homme politique que de ne pas appliquer le programme pour lequel il a été élu.

Qu’exigent de nous les habitants de notre département dont on a, semble-t-il oublié, qu’ils étaient le sel de notre terre ?

Qu’enfin, après des années de duperies et de collusions, une majorité, applique, sans faillir, sans dogmatisme, son programme.

Ce programme, chacun appréciera que nous le mettions en place dès aujourd’hui.

La politique, ce n’est pas une incantation…c’est une action et une sanction parfois bonne, parfois mauvaise.

La politique, ce n’est pas une illusion, c’est une incarnation avec des mesures concrètes, efficaces qui touchent à la vie de nos concitoyen(ne)s.

Je prendrai trois exemples que développeront mieux que moi mes collègues Olivier PACCAUD, Franck PIA et Éric de VALROGER.

Le premier c’est la mise en place du « pass permis », le deuxième c’est la cellule anti-fraude du revenu de solidarité active.

Sans rentrer dans le détail de ces mesures, quel est l’esprit qui prévaut maintenant : c’est celui de faire primer l’intérêt général sur l’intérêt individuel…la politique c’est ce qui est bon pour tous, pas que pour quelques uns. La politique c’est que chacun redevienne acteur de sa vie et pas seulement spectateur.

Par ces mesures, nous voulons que l’individu devienne ou redevienne responsable devant la collectivité parce que sinon les droits prévalent sur les devoirs…et il n’y a plus de vivre ensemble possible.

Par ces mesures, vous l’aurez compris, c’est « l’Oise des droits et des devoirs » que nous mettons en œuvre, c’est rien d’autre qu’un modèle de société à l’échelle de notre département que nous voulons porter.

Il ne s’agit pas de stigmatiser mais de responsabiliser, d’impliquer, de valoriser et non plus d’avoir une frange de la population qui soit attentiste, qui estime qu’il est normal qu’elle obtienne tout de la société sans rien lui devoir jamais en contrepartie.

Il ne s’agit pas de stigmatiser mais de gérer avec sérieux et équité les 44 millions d’aide alloués par an dans le cadre du RSA aux 20 000 bénéficiaires car avouons-le, c’est quand même faire montre de la plus extraordinaire irresponsabilité politique que de ne pas s’assurer de la bonne allocation de l’argent du contribuable…ou alors, c’est érigé la Grèce comme modèle de Gouvernement.

C’est cela l’Oise des droits et des devoirs : une terre de justice et d’égalité car toute fraude est une insulte à la solidarité.

Dans l’Oise que nous voulons, chacun doit participer à l’effort de tous, chacun doit donner quelque chose de lui-même, la société ce n’est pas un libre-service où chacun prend ce qu’il veut, fait ce qu’il veut sans jamais rendre des comptes…

Et finalement, finalement, c’est une question de citoyenneté…Un citoyen reçoit. Un consommateur perçoit, c’est ce qui avait cours sous l’ancienne majorité, c’est ce avec quoi nous avons décidé de rompre. Un citoyen donne aussi, sinon il n’est pas tout à fait un citoyen, c’est cela le nouveau modèle politique que nous vous proposons, et c’est celui-là, l’unique modèle d’avenir.

La troisième mesure c’est l’aide qu’apporte désormais notre conseil départemental au déploiement de la vidéo-protection.

Chacun le sait, la sécurité est la première des libertés publiques.

Elle détermine très directement la qualité de vie dans une rue, un quartier et un village, et n’en déplaise aux tenants droits de l’hommistes, elle a partout fait ses preuves, et je vous invite pour achever de vous convaincre à la lecture du rapport conjoint de l’inspection générale de la police nationale, de l’inspection générale de l’administration et de l’inspection générale de la gendarmerie nationale de 2013.

Aujourd’hui, c’est une dépense lourde, peut-être aussi insoutenable pour une collectivité, à titre d’information, à Pont-Sainte-Maxence, nous déployons 33 caméras en deux phases pour un coût total supérieur à 330 000€.

Et nous savons que la délinquance est mobile, depuis nos centres urbains vers nos bourgs ruraux où la gendarmerie départementale est moins présente. Il est donc à l’honneur de notre département d’apporter son aide logistique, via l’assistance départementale aux territoires de l’Oise (cher Charles) tant le dossier est complexe dans son montage et aussi son soutien financier pour que nos territoires plus petits et parfois aussi les plus reculés (chère Nadège) bénéficient de ce moyen de protection.

C’est cela l’Oise protectrice : une terre plus sûre et plus solidaire que vous soyez une ville ou un village

Enfin, je rappellerai, une fois pour toute, l’engagement fort de la majorité à la suite du président Édouard COURTIAL de ne pas aller chercher dans la poche du contribuable oisien (le débat est tranché chez nous) les financements nécessaires.

Je conclurai en citant Lénine (je cite peu Lénine qui lui ne me cite pas du tout) : « moins mais mieux »…Nous avons moins d’argent en raison de la gestion de la majorité sortante mais nous saurons mener de meilleures politiques, celles pour lesquelles nos concitoyens(ne)s nous ont élus.

Je vous remercie.