Monsieur le président, Cher(e)s collègues,

Après avoir entendu les uns et les autres, dans des formes parfois très théâtrales, où l’insincérité le dispute à l’amnésie, où la bien-pensance confine à la condamnation de l’autre comme mal absolu, où les postures et les procès d’intention n’apportent aucune solution, j’espère que nos débats permettront tout de même de réconcilier, un peu, nos concitoyen(ne)s avec la politique car nous avons la lourde responsabilité de les assurer, ou plus justement les ré-assurer qu’avant de parler de nous, dans cette instance qui ne nous appartient pas mais qui appartient en réalité à ces femmes et ces hommes qui sont la richesse de notre beau et grand département, que plutôt de nous perdre dans un jeu politique dont ils ne comprennent plus rien, qui leur donne des hauts le cœur et qui finalement les conduit à s’abstenir ou à croire aux extrêmes, c’est bien d’eux, en tant qu’individus de chair et d’os, de leur vie, de leur quotidien, de leur problème de logement, d’emploi, de sécurité, d’inquiétude pour leurs enfants et leurs parents que nous parlons.

Nous sommes effectivement ici parce que les Oisiennes et les Oisiens ont cru en nous, plus ou moins en nous, selon que l’on soit ici ou là, et cette responsabilité nous oblige à être dignes dans nos comportements et nos paroles quand nous parlons d’eux.

Si nous voulons éviter un jour de disparaître, il faut qu’aucun de ceux qui étaient au pouvoir hier et qui sont comptables de la situation de notre département aujourd’hui n’aient la mémoire courte.

Si nous voulons éviter un jour de disparaître, il faut que nous, qui sommes au pouvoir aujourd’hui et qui seront comptables de la situation de notre département demain, nous ne cachions rien, nous n’illusionnions plus et que nous assumions nos décisions en les expliquant.

A la lecture des pages de ce rapport, je me disais c’est cela qu’il faut faire, c’est pour cela que nous avons été élus, c’est cela que veulent nos concitoyen(ne)s à un moment exceptionnel de l’histoire de notre pays, de notre région, de notre département, un moment où les Françaises et les Français ont exprimé leurs souffrances, leurs impatiences, leurs colères mais aussi leurs espérances.

Cela, c’est quoi ?

C’est la feuille de route très détaillée que nous a délivrée le président Édouard COURTIAL qui recentre, « enfin » serait-on tenté de dire, le conseil départemental sur ses missions essentielles d’aides aux communes sans oublier aucun territoire qu’il soit urbain ou rural, d’assistance à la personne qu’elle soit jeune enfant, adolescent, adulte ou âgée, qu’elle soit sans emploi ou active, de soutien aux activités et structures pédagogiques ou associatives.

Cela c’est quoi ?

C’est l’exigence que nous a fixée le président Édouard COURTIAL, non pas de nous servir nous-même mais bien de servir les Oisiennes et les Oisiens, sans que les décisions qui soient les nôtres trahissent la victoire d’une partie du département qui a voté pour nous sur celle qui n’a pas voté pour nous.

Mes cher(e)s collègues,

Notre premier devoir est de regarder la réalité en face.

La vérité, c’est que nous sommes confrontés à une situation difficile alors que notre pays a connu une reconfiguration administrative presque sans précédent depuis 1789 qui amène nos concitoyen(ne)s à ne plus rien comprendre à rien, et sincèrement, nul ne peut leur reprocher, et que depuis près de 40 ans, tous les Gouvernements se sont épuisés à trouver des solutions durables aux maux qui affectent notre pays, anciens comme la crise économique et sociale, nouveaux comme la crise de son identité.

Cette crise, nous la vivons au quotidien avec tel ou tel de nos administré(e)s qui perd son emploi, cherche un logement, s’inquiète pour l’avenir de ses enfants et s’interroge sur le sens de la Nation.

La vérité, c’est que nos finances ont atteint un état dégradé proche de l’insoutenable qui laisse planer un doute réel et certain sur notre solvabilité dès 2017 et que nous avons des marges de manœuvre budgétaire étroites que nous allons devoir reconquérir pas à pas avec Patrice MARCHAND et Jérôme BASCHER.

Il y a en effet un impératif catégorique à réduire nos dépenses, à reconstituer notre épargne nette, à maitriser notre dette si nous voulons préserver la poursuite de nos politiques publiques, et in fine, garantir l’existence de notre département.

L’urgence n’est pas survenue ex nihilo…et si elle est brutale, elle n’était pas imprévisible, et la prévoyance qui a manqué avant, nous devons en faire preuve maintenant, car ce serait ajouter de la déraison à l’insensé, et par déraison et insensé, je pense, mais chacun l’a bien en mémoire aux 30 millions d’euros de dépense que vous avez sous-budgétisé, ce qui n’est pas rien à l’heure même où chaque euro compte, à l’heure même où nos concitoyen(ne)s se défient de la parole publique.

Nous qui avons remonté le fil de l’histoire récente de notre département et donc le cours des décisions, nous savons maintenant qu’elle pouvait s’éviter à force de raison et d’anticipation, deux vertus dont doit être doté tout responsable politique et qui auraient dû conduire celles et ceux en poste à ne pas céder par exemple à cette course folle aux 85 recrutements en 3 mois et qui n’ont aucune autre explication que la complaisance.

Mais aussi, pour nous qui sommes pour la plupart aux affaires, de manière plus ou moins proche dans nos communes, nous qui n’ignorons rien de ce qui fait l’actualité de nos collectivités respectives, nous savons aussi combien le désengagement de l’Etat, sans précédent dans notre histoire, pèse effectivement dans les choix qui sont les nôtres, et la contribution du département au redressement des comptes publics (à hauteur de 12 millions d’euros par an) et la part croissante du revenu de solidarité active (+ 8 millions d’euros en 2016) dans nos dépenses contraignent la majorité à infléchir nécessairement sa trajectoire budgétaire.

Aussi, face à ce gouffre qui menace de nous aspirer, des mesures fortes sont essentielles.

Que nous a dit le président Édouard COURTIAL ?

« Tout euro dépensé parce que c’est un euro que nous ont confié les Oisiennes et les Oisiens doit être maintenant justement dépensé ».

C’est cette éclatante démonstration qu’il faut saluer pour son sérieux et sa pédagogie que vient de nous faire notre collègue Nadège LEFEBVRE des maisons du conseil départemental dont le personnel semblait aussi vainement attendre l’usager que d’autres Godot puisque certaines atteignaient triomphalement tout de même 6 visiteurs par jour pour deux agents quand d’autres, vides de visiteurs, dénuées d’utilité avaient été reconverties en lieux d’exposition dont l’affluence devait faire trembler celle du musée départemental de l’Oise !

Il n’y a plus aucune place à l’irresponsabilité pour conduire des politiques qui ne mènent à rien en termes d’investissement, en termes de recrutements sinon aux bords du précipice ou à la fantaisie afin de satisfaire pour la modique somme de 150 000 € la cérémonie de vœux je ne sais quel ego présidentiel…

Oui, mesdames et messieurs, c’était bien les « Romains de la décadence » (pour rendre aussi hommage dans cette enceinte au peintre senlisien Thomas COUTURE et à sa plus célèbre toile).

Que chacun sache bien qu’aucun élu ne se réjouit quand il s’agit de resserrer les dépenses, parce que c’est se confronter immanquablement à l’impopularité, même transitoire, même nécessaire.

Que chacun sache bien, qu’aucun élu ne se réjouit quand il s’agit de resserrer les dépenses parce que cela affecte la vie même de celui qui est concerné.

Nous aussi, nous sommes au cœur de nos territoires parmi nos concitoyen(ne)s et parmi nos agents, et nous savons très bien ce qu’ils disent et vivent.

Mais les choix que nous faisons aujourd’hui s’imposent à nous à cause des manquements béants de la majorité précédente et enfin, ce n’est pas quand la maison a brulé définitivement que l’on appelle les pompiers.

Mes cher(e)s collègues,

A vous entendre nous faisons le sacrifice de l’intérêt général sur l’autel de la lecture comptable, toute déshumanisée, toute froide de notre département.

A vous entendre nous renierons déjà nos engagements de campagne, un peu comme Saturne dévorant ses enfants.

Mais nous n’avons pas à choisir entre sérieux et audace.

Nous ne sacrifierons pas la solidarité entre les personnes, ni celle entre les territoires.

Nous choisissons résolument le parti de l’action.

Le président Édouard COURTIAL garde le cap fixé le 2 avril qui est d’améliorer la situation de chaque Oisienne et Oisien, les plus vulnérables comme les plus entreprenants, les plus jeunes comme les plus âgés, la situation de chaque territoire, urbain comme rural.

Comment faire vivre cette ambition ?

En gagnant la bataille de la dette que la majorité précédente nous a laissée dans sa Bérézina des dernières élections, en inversant la spirale budgétaire dépressive dans laquelle la majorité précédente a précipité notre département.

Toutes les forces de cet exécutif, de cette majorité sont engagées dans cet effort.

En à peine 8 mois, il nous aura fallu une énergie spectaculaire, pour initier notre programme tout en composant avec cet abysse financier.

A l’image du théorème d’Helmut SCHMIDT , « les économies d’aujourd’hui sont les investissements de demain, nos économies d’aujourd’hui sont déjà nos investissements d’aujourd’hui ».

Comme l’annonçait le président Édouard COURTIAL, j’en veux pour preuve la sacralisation de l’enveloppe dédiée aux communes à hauteur de 34 millions par an et je peux vous dire qu’elle est de toutes nos dotations la plus attendue par nos collègues maires, j’en veux pour preuve aussi que les moyens consacrés à l’assainissement atteindront 10 millions par an, et je peux vous dire aussi, en tant qu’élu d’un territoire rural avec mon binôme Khristine FOYART, qu’elle est essentielle pour améliorer la qualité de vie dans ces petites villes et villages.

En à peine 8 mois, cette majorité a déjà marqué de son empreinte le cours de notre département sur des thèmes très forts, très actuels que sont les droits et devoirs, et la sécurité.

Notre Nation s’est construite autour de l’État et de la notion consubstantielle de la citoyenneté.

Alors que la citoyenneté s’est constituée autour de l’équilibre entre droits et devoirs, nombre de nos concitoyen(ne)s ont eu tendance à pervertir ce rapport fondamental qui garantit pourtant la prévalence de l’intérêt général sur l’intérêt privé et qui, à mon sens, a à voir avec ce profond malaise, social et démocratique que connaît notre pays, la France.

Aujourd’hui, plus que jamais les Françaises et les Français veulent que nous affirmions ces valeurs.

Avec Olivier PACCAUD, c’est ce que nous mettons exactement en œuvre au travers du « Pass permis citoyen » qui rencontre un succès au-delà même de nos espérances, et c’est à l’honneur de notre département que de savoir tendre la main à notre jeunesse qui veut s’engager, et c’est à l’honneur de notre jeunesse que de faire preuve de responsabilité.

Je citerai encore l’enveloppe dédiée à la vidéo-protection qui permet aux communes, dans des délais records, qu’est incapable de suivre l’État au travers du fond interministériel de prévention de la délinquance, de se doter d’un dispositif qui a fait partout ses preuves d’efficacité pour dissuader et élucider les crimes et délits tant il y a urgence à faire reculer les violences, les incivilités, urgence à casser les trafics, urgence à trouver des solutions pour que la vie des Français change, durablement.

Je citerai enfin, car le procès d’intention qui nous est fait est plus qu’injuste, que le budget de l’action sociale restera en hausse avec un montant de plus de 382 millions d’euros, c’est bien la démonstration éclatante que l’humain est au cœur de nos préoccupations et que nul n’en a le monopole.

Procès fallacieux même car réduit à la mesure attendue de toutes et tous que nous avons prise de contrôler davantage l’attribution du revenu de solidarité active.

Notre pays peut s’enorgueillir d’avoir mis en place une forme nouvelle de l’État providence dans un pays qui crée 1 300 chômeurs par jour, c’est d’ailleurs une mesure mise en place par un Gouvernement de droite…mais la responsabilité politique est aussi de contrôler que l’effort profite bien à celles et ceux qui en ont réellement besoin…

Ne sombrons pas dans la naïveté ou dans la posture politique, tous les élus ont la connaissance dans leurs villes et villages de certains individus qui jouissent du RSA sans y avoir le droit, sans s’acquitter de la contrepartie d’insertion…dans ma ville de Pont-Sainte-Maxence, j’en ai même qui continuent de toucher le RSA alors qu’ils sont incarcérés…

Cette France-là, ce département-là où les uns bénéficient de manière indue de tous les avantages de la société quand les autres n’en bénéficient d’aucun alors qu’ils s’acquittent de toutes les taxes, se lèvent tôt le matin, galèrent dans les transports, craignent pour la survie de leur emploi, ont l’incertitude quant à l’avenir de leurs enfants est intolérable pour nos concitoyen(ne)s.

Elle est pour nous, majorité, absolument intolérable !

Mesdames et messieurs, Chèr(e)s collègues,

Si tous les élu(e)s de la majorité savent que le travail à accomplir est considérable, tous les habitants de notre beau et grand département doivent savoir que tous les engagements de notre programme seront tenus.

Élections après élections, nous savons que rien n’est plus dangereux pour un responsable politique que de ne pas appliquer le programme pour lequel il a été élu.

Aussi, tenir nos engagements, c’est la seule issue pour ne pas décevoir celles et ceux qui nous ont manifesté leur confiance.

Les devoirs que nous avons envers chacun d'eux sont constamment présents à notre esprit, aujourd'hui et pour les six années du mandat qu'ils nous ont donné.

Ce mandat, nous l'abordons animé par l'esprit de service, avec le souci de faire vivre notre département comme attentif à toutes et tous.

Nous mesurons pleinement les exigences qui s'imposent à nous, dans une France qui a encore manifesté tout dernièrement son exaspération, et qui nous a accordé, finalement encore leur confiance.

Il est bien légitime que beaucoup de nos compatriotes ressentent inquiétude et parfois angoisse face aux mouvements du monde et de notre société.

Les Oisiennes et Oisiens doivent être convaincus que nous mesurons toutes les décisions que nous prenons avec gravité, en ayant à l’esprit cette seule question « est-ce que ce que nous faisons est bon pour eux ? Quelles conséquences est-ce que cela emporte dans leur vie quotidienne ? L’avons-nous assez pensé ? Assez expliqué ? Pourrions-nous faire mieux ? ».

Les espoirs et les attentes de nos compatriotes sont immenses.

Et alors que le président de l’assemblée des départements de France, Dominique BUSSEREAU, dans un entretien à la Gazette des communes du 15 décembre dernier, annonce que les départements s’engagent sur la voie de la baisse des investissements, notre département maintient lui un haut niveau d’investissement et c’est donc un budget responsable et ambitieux que nous proposerons à la discussion en 2016.

Je vous remercie.