Monsieur le ministre, Mesdames et messieurs les conseiller(e)s départementaux(-les), Cher(e)s collègues,

Voici donc venu le moment du « jugement dernier », pour bien mesurer l’importance de ce vote, ou plus exactement du « budget premier », celui qui doit porter la marque politique forte de notre mandat.

Dans son propos, le président Édouard COURTIAL a rappelé combien, passée l’émotion de l’élection, c’est brutalement, avec stupeur, incompréhension et colère que nous avons pris connaissance de la situation budgétaire de notre département.

Une situation budgétaire cataclysmique que l’ancienne majorité n’aura donc pas à assumer « grâce à sa défaite », une situation budgétaire que nous devons assumer pour elle « à cause de notre victoire »…

Et bien cette situation budgétaire, nous l’assumons et nous apprécierions, en préambule, de ne recevoir aucune leçon de celles et ceux qui ont précipité l’Oise sur la pente la plus irresponsable de la dépense folle, de la dette inconséquente qui font ressembler notre conseil départemental à un syndic de copropriété en faillite.

Avant de poursuivre mon propos, je voudrais rendre un hommage appuyé au président Édouard COURTIAL pour le discours de vérité qu’il nous a tenu, en ne minorant jamais aucune des difficultés. Je voudrais rendre un hommage appuyé à chacun des membres de l’exécutif pour la responsabilité dont il a fait montre, dans son champ de compétence respectif, pour consentir aux efforts nécessaires.

Je voudrais rendre un hommage appuyé à notre majorité dont aucun élu n’a vacillé quand il s’est agi d’amortir ce choc alors que dans chacune des cérémonies de vœux, dans chacune de nos réunions avec nos collègues élu(e)s, dans chacune des assemblées générales d’associations, nous devons défendre nos positions, assumer nos responsabilités et alors que nous sommes, nous, à porter d’engueulades de nos concitoyen(ne)s.

Enfin, je voudrais rendre un hommage appuyé à tous ces habitants de ce grand et beau département qu’est l’Oise car nous savons combien les décisions que nous prenons ont des conséquences concrètes, immédiates et c’est bien marqués du sceau de leur vie que nous avons pesé chacun de nos choix.

Mesdames et messieurs,

Nous étions confrontés à une équation simple à deux inconnues, pourtant bien connues…celui du Gouvernement et celui de l’ancienne majorité.

Avec le Gouvernement actuel, il y a de moins en moins d’argent…à la fois parce qu’il faut assumer pour lui le revenu de solidarité active, ce qui constitue une hausse de 7,5 M€, ce qui le porterait à 109 M€, et parce qu’il faut contribuer aussi au redressement des comptes très dégradés de la Nation à hauteur de 12 M€ par an, en 2015, en 2016 et en 2017.

Avec l’ancienne majorité, il n’y a plus d’argent du tout…en tous les cas si nous nous étions entêtés à appliquer sa méthode de calcul…plus de dépenses…toujours sous-évaluées…moins de recettes…toujours surévaluées…

La réalité, constatée par l’audit réalisé par un cabinet indépendant, confirmée par le payeur départemental, c’est qu’en 2017, nous remettons les clés du département au préfet de l’Oise…voilà, les conséquences cumulées d’un État qui ne sait plus gérer, et d’une majorité de gauche qui ne savait pas gérer.

Mes cher(e)s collègues,

Il faut remonter le cours de notre jeune histoire majoritaire.

En effet, à chacune de nos réunions de majorité, il fallait sentir combien l’incertitude a intensément prévalu, combien les envolées de recrutements de complaisance nous affolaient, combien les « trous d’argent » laissés par la majorité précédente risquaient de se creuser plus profondément, combien les sacrifices devenaient plus importants à surmonter alors même que nous tenions plus que tout à notre premier engagement de campagne de ne pas augmenter la pression fiscale qui pèse déjà de manière insupportable sur le quotidien de nos concitoyen(ne)s.

Oui, rappelons-le…dans une France qui décroche durablement et sans perspective, sur les plans économiques et sociaux, sans créer d’emplois, sans créer de richesses, dans une France où les remèdes qu’on nous impose n’ont aucun autre objectif que de créer les conditions de la candidature du président de la République actuel, où les solutions sont presque pires que les maux, dans l’Oise, notre majorité préservera scrupuleusement le pouvoir d’achat des Oisiens en maintenant égale la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties. C’est là le premier point qu’il faut porter au crédit de notre équipe.

Dans bon nombre de départements, citons le Gard par exemple, le réflexe premier est au reniement de campagne et à l’abrutissement fiscal, ce que nous nous refusons à faire pour préserver la valeur de la parole publique qui est la nôtre, pour protéger nos concitoyens.

Mesdames et messieurs, Chèr(e)s collègues,

Charles PEGUY écrivait que « les hommes politiques seront un jour jugés sur ce qu’ils avaient considéré comme négociable et non négociable ».

L’attachement viscéral que nous avons pour notre département n’est pas négociable, y compris au dépend de nous-mêmes.

Aurait-il mieux fallu ne rien faire et préférer alors que de guerre lasse, l’État place notre département sous tutelle, dans l’attente non pas d’une aumône, il n’en a plus lui-même les subsides, mais de décisions aveugles qui fassent rendre gorge à toutes nos politiques sans qu’aucune ne soit absolument épargnée.

Aurait-il fallu différer les décisions de telle sorte que le mur de dette auquel nous sommes confrontés devienne tout simplement infranchissable ?

Aurait-il fallu tromper nos concitoyen(ne)s en les assurant que tout allait bien, et même de mieux en mieux de telle sorte qu’encore, le désaveu s’abatte sur les responsables que nous sommes et qu’in fine, ils s’en remettent aux extrêmes ?

Oui, nous avons fait le choix de la transparence, le choix de la confiance, le choix de la vérité.

Les décisions prises sont difficiles mais ce sont les seules qui éviteront notre engloutissement.

Quand l’agent manque concrètement dans les caisses de la collectivité, c’est-à-dire quand les dépenses sont supérieures aux recettes…quand la spirale est alimentée par l’incurie et l’imprévoyance, il ne suffit pas de s’en remettre à des prophéties auto-réalisatrices…d’autres ont pu multiplier les pains et faire de l’eau du vin…mais les déficits, sans volonté, sans choix, sans perspective, ne créent pas de crédits…c’est aussi simple que cela…

Et si ces décisions sont difficiles pour celles et ceux qu’elles affectent, elles le sont aussi pour nous dont nous mesurons parfaitement les conséquences politiques…Mais que ne dirait-on pas alors, si nous renoncions à assumer la charge que nous détenons de nos électeurs ?

Sans revenir sur le détail des mesures annoncées par le président Édouard COURTIAL, sachez que ces décisions, nous nous les appliquons d’abord à nous-mêmes en ce qui concerne les dépenses de représentation, de réception et de communication pour près de 1,8M€ (plus de 50 % de baisse) dans l’exigence d’exemplarité qui nous anime loin, très loin de la propagande et de la mégalomanie qui avaient cours jusqu’alors.

Oui, les décisions prises sont difficiles et nous n’ignorons rien des conséquences qu’elles emportent dans la vie de celles et ceux qu’elles affectent.

Nous pensons à nos personnels qui ne sont pas épargnés car la gestion saine et salvatrice qu’a initiée le président Édouard COURTIAL conduit à réduire nos dépenses de fonctionnement de près de 40 millions d’euros passant de 739 M€ à 699M€.

Nous pensons au monde associatif. Nous le savons bien que nos associations changent notre territoire, portées par les valeurs de progrès et d’égalité qui sont au cœur de notre capacité à vivre ensemble, et qu’elles méritent notre soutien.

Vraiment, je le répète…nous héritons d’une situation issue d’une gestion sans perspective, sans prospective…une situation où nous demandons encore si le moteur premier de l’élection pour l’ancienne majorité, en définitive, n’était pas d’abord de cacher encore un peu plus l’état de nos finances…

Nous, nous ne cachons rien…nous ne recourons pas à la surévaluation, nous ne recourons pas à la sous-évaluation…et dans ce marasme budgétaire qui a succédé à la déroute électorale, nous faisons front, et mieux, nous avançons.

C’est le cas de l’enveloppe dédiée aux aides aux communes, 34 M€, ce n’est pas rien, qui placera toujours notre collectivité comme le premier partenaire des villes et villages de notre département…

C’est le cas de l’enveloppe dédiée à l’assainissement pour 10 M€, là encore ce n’est pas rien quand on est une commune ou un village et que l’on doit réaliser des travaux qui atteignent très rapidement des sommes élevées.

C’est le cas de la vidéo-protection.

C’est le cas du « pass permis citoyen »…

C’est le cas de l’enveloppe dédiée à la solidarité avec plus de 382 M€.

C’est le cas de l’enveloppe dédiée à l’investissement avec plus de 184M€.

Alors, c’est vrai qu’au titre du revenu de solidarité active nous avons inscrit en 2016 le même montant que 2015, soit 109M€…d’autres, hier président de conseil général aujourd’hui ministre, et je pense au ministre des sports Patrick KANNER, déclarait alors que « le coût du RSA bouleverse les fragiles équilibres budgétaires et « ce tsunami social » plombe les finances départementales ».

Il avait même décidé d’inscrire à son budget non pas 12 mois de RSA mais 11 mois et je précise que notre position n’est en rien une piètre posture politique puisqu’elle est à l’unisson de celle adoptée par l’assemblée des départements de France…

L’État impose ces dépenses, les oriente immanquablement à la hausse et nous sollicite toujours plus sans nous donner les moyens d’assumer les responsabilités, cela n’est tout simplement pas possible.

Enfin, je voudrais préciser que les sommes que nous engageons et qui vous ont été présentées ne sont pas mineures…Au contraire, les montants sont colossaux, se chiffrant par dizaines voire centaines de millions d’euros…

Pourtant, j’ai le sentiment que l’on demande toujours plus à la collectivité, à notre collectivité sans mesurer vraiment la réalité de l’effort qu’elle accomplit…tant nous semblons faire peu de cas d’un peu plus de déficit et d’un peu plus de dette…les chiffres sont à ce point faramineux qu’ils ne veulent plus rien dire, les horizons tellement lointains que les décisions semblent sans conséquences et que l’inconscience est à ce point ancrée dans les mœurs que la vertu est presque blâmable…tant aussi, la dépense publique semble toujours plus légitime que le sérieux…mais cela n’est plus soutenable…et nous le savons bien, nous qui sommes aux responsabilités dans nos territoires respectifs.

Mesdames et messieurs,

Je constate à chacune de mes visites que les habitants de l’Oise commencent à toucher presque du doigt la réalité de notre nouvelle politique.

Ces mesures que j’ai rapidement évoquées et qui sont à porter au crédit de notre majorité correspondent très précisément à des engagements de campagne…nous entendons par là que ce département se transforme grâce à nous, voit ses villes et villages se développer grâce à nous, sa jeunesse s’impliquer par une citoyenneté active grâce à nous…et les solidarités, celles que l’on doit aux plus fragiles, demeurer bien vivantes grâce à nous.

Nous entendons bien la critique…mais faut-il qu’elle soit fondée…comment dépenser plus quand l’argent se raréfie ?

Nous entendons bien la critique qui n’amuse d’ailleurs plus que leur auteur…mais sur le terrain, nous qui sommes sur le terrain, nous sentons bien et l’inquiétude que trahit la situation budgétaire de notre département et toute la compréhension de nos interlocuteurs qui ne sont pas dans le déni de la réalité.

Aussi, avec ce budget que nous vous soumettons à votre vote, c’est bien une nouvelle ère qui s’ouvre.

Le président Édouard COURTIAL a, dans son discours d’installation, exigé que notre majorité soit exemplaire, soit volontaire, et cela commence nécessairement par une gestion saine et salvatrice de l’argent des habitants de notre département, « la grande et belle Oise ».

Je vous remercie.