A rebours de lui, je ne pense pas que ce soit une "somme dérisoire" pour une ville qui compte parmi les plus pauvres de France...je ne sais pas sur quelle planète il faut vivre et depuis combien de temps pour penser que 50 000 € est "dérisoire"...visiblement pas en France et encore moins à PSM...

L'équipe sortante (2008-2014) portait le projet d'une chaufferie bois défendue par Engie-Cofely...il s'agissait de raccorder sur la rive gauche les bâtiments publics et les logements sociaux, notamment ceux de l'OPAC de l'Oise. En soi, c'est plutôt une bonne idée que d'envisager la substitution des énergies fossiles...jusque là, nous sommes tous d'accord...c'est après que cela se complique...mais alors très brutalement...

D'abord, l'OPAC de l'Oise avait fait savoir, dès le début, qu'il n'était pas d'accord pour être partie prenante à ce dossier car il n'était pas du tout (euphémisme) convaincu des prétendues économies d'énergie...ça commençait mal...

Ensuite, l'emplacement du projet suscitait la levée de boucliers très compréhensibles de tous...derrière le gymnase Georges Tainturier ? Une horreur...dans la clairière de la rue du 8 mai 1945 ? Une abomination...près de l'abbaye du Moncel ? Une hérésie...ça continuait toujours aussi mal...et je vous passe les allers-et-retours innombrables des camions pour apporter le bois...et la dévastation des forêts pour alimenter la chaudière...

Enfin, je vous passe l'opposition de la population qui était telle que mon prédécesseur mit précipitamment un terme à la dernière réunion tenue à la bibliothèque Reine Philiberte tant il ne la maîtrisait plus...ça ne pouvait que mal se finir...

Bref, quand nous avons repris le dossier, aucun des arguments qui avait tant plu à la majorité sortie n'emportait notre conviction...tant et si bien que nous décidâmes après avoir rencontré Engie-Cofely et après avoir consulté notre conseil (mon prédécesseur prétend le contraire, mais je ne me souviens pas du tout de sa présence lors des réunions que j'ai tenues...ou alors était il caché dans la pièce ?), d'abandonner ce projet.

Sauf que...y a un "hic"...bah oui mon prédécesseur, par entêtement ou suffisance, apposa sa signature le 12 mars 2014 sur le contrat qui fut notifié à Engie-Cofely le 28 mars 2014...le 28 mars, cela ne vous dit rien mais c'est deux jours avant le second tour des élections municipales qui semblaient bien mal embarquées pour lui...sur le fond comme sur la forme, il y a beaucoup à dire...la ville se trouvait donc, à cause de lui, engagée...et définitivement engagée.

Les négociations furent longues, douloureuses avec Engie-Cofely pour laquelle le contrat s'élevait à plusieurs millions d'euros...l'entreprise n'entendait pas renoncer aisément à ses intérêts...

Nous les entreprîmes, sonnés, à 150 000 € (le directeur général d'Engie-Cofely me fit même passer le message qu'il les aurait débutés à 300 000 €) et à la suite d'une guerre de tranchées aigüe, nous nous accordâmes sur une indemnité de 50 000 €...

Analysé de tous les côtés, le dossier nous était défavorable devant une juridiction...

Bien sur, pour mon prédécesseur, nous n'avons compris aucun des enjeux, nous sommes tous des cons, moi, le premier de tous (surtout moi), mes services qui sont composés de cons travaillant pour le plus gros con de tous (moi), et tous les conseils juridiques que nous avons consultés, sont tous des cons (enfin moins que moi quand même qui suis le plus gros con de tous)...

C'est vrai cela...s'engager dans un projet dont l'un des partenaires ne veut pas et non des moindres, l'OPAC de l'Oise et ses 1 500 logements sur PSM...dont la population ne veut pas...et qui aurait défiguré notre cadre de vie...dont personne ne peut prédire l'évolution de la matière première (vous payez moins cher votre eau, votre gaz, votre essence, votre électricité vous ?), dont mes collègues maires me disaient "si c'était à refaire, je ne le referai pas" voilà une idée qu'elle est bonne...

Et le gros con que je suis écrivait quand même au maire de l'époque avec lucidité le 9 janvier 20014 :

"J’entends le calendrier qui est le vôtre, pour des raisons qui tiennent à la fois de la politique et de la technique mais l’on a bien senti que la localisation posait problème, que l’énormité de la structure posait problème, que les émanations de fumée posaient problème…cette liste est presqu’infinie.

Au regard des préventions et craintes très fortes qui se sont succédé lors de ce débat et qui restent entières, je vous demande de ne pas engager la commune formellement comme vous souhaitez le faire lors du conseil municipal du 24 (?) février.

Je crois que toute décision d’engagement serait précipitée voire hasardeuse aussi longtemps que des réponses objectives et je dirais presqu’inébranlables n’auront pas été apportées à nos concitoyen(e)s et à nos voisins de Pontpoint."

Et ainsi, à cause de la majorité sortante, aveuglée par sa toute puissance, nous nous sommes retrouvés à débourser 50 000 € à Engie-Cofely...soit 113 000 € en deux délibérations...

Là aussi, je ne dis pas "merci" et je sais à qui je ne le dis pas.