Monsieur le ministre, Mesdames et messieurs les conseillers départementaux (-les), Mes cher(e)s collègues,

En confiant la destinée de notre grand et beau département à une nouvelle majorité de la droite et du centre, réunie derrière Édouard COURTIAL, il y 18 mois maintenant, les Oisiens ont repris leur destin en main.

En s'engageant clairement dans leur vote, en exprimant leur confiance à une nouvelle équipe, et la disparition au second tour de nombre de représentants de l’ancienne majorité signait ce désaveu aussi implacable que puissant, ils ont exprimé leur volonté d’un département nouveau dont les comportements et les politiques trancheraient enfin avec ceux qui avaient eu cours précédemment.

De ce message, les élus de la droite et du centre sont tous comptables.

Certains n’entendront jamais rien au peuple qui souffre, à ces femmes et ces hommes qui luttent simplement pour exister, qui vivent dans l’urgence du quotidien, qui se couchent dans l’angoisse du lendemain et qui sont trop épuisés par leurs tâches de labeur pour oser rêver encore pour eux-mêmes ou pour leurs enfants.

« Ça va mieux » nous disait il y a peu le président de la République qui, la France se dissolvant et s’effaçant, ne perdait toutefois pas son sens de l’humour…

Mais la réalité est tout autre…et elle est accablante.

Nos concitoyen(ne)s redoutent leur propre déclassement, et ils assistent à l’effondrement de leur pays, la France, dont le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de près de 600 000 chômeurs entre le deuxième trimestre 2012 et le troisième trimestre 2016 selon les dernières statistiques fournies par l’INSEE pour atteindre les 5 000 000 de chômeurs aujourd’hui.

Nos concitoyen(ne)s redoutent leur propre déclassement, et ils imaginent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, puisque déjà, ils vivent eux-mêmes moins bien que leurs parents quand plus près de 9 000 000 de Français vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 1 000€ par mois.

Nos concitoyen(ne)s, redoutent leur propre déclassement, et ils savent ces territoires urbains abandonnés à toutes les ségrégations et ils n’ignorent rien de ces territoires ruraux qui voient partir leurs services, leurs commerces, et finalement les familles.

Nos concitoyen(ne)s redoutent leur propre déclassement, et ils assistent avec horreur et incompréhension depuis janvier 2015 à l’agression de la République française par des ennemis de l’intérieur.

Mesdames et messieurs,

Il faut dire la vérité sur ce qu’est devenue la France…et dans cette France qui recule et s’effondre, il y a notre département, l’Oise…et maintenant il faut dire la vérité sur ce qu’est notre politique.

Notre politique, c’est celle de la responsabilité !

Oui, les mesures prises ont été des mesures fortes, osons le mot car il n’est pas un tabou, il n’est pas une injure quand il s’agit de l’argent du contribuable oisien, de celui qui se lève tôt ou qui a gagné sa retraite de son travail, le contribuable oisien lui-même accablé comme tout contribuable français de 32 milliards d’impôts supplémentaires durant le quinquennat de François HOLLANDE, osons le mot disais-je, les mesures prises sont « des mesures rigoureuses » mais nécessaires face à l’incurie qui prévalait dans la gestion de l’ancienne majorité où les boursouflures des égos n’avaient d’égales que les surévaluations des recettes et les sous-évaluations des dépenses…

Je le dis à mes collègues de l’opposition pour certains enferrés dans le déni le plus absolu : « Mille fois un même mensonge répété ne fera jamais une vérité ». Engagé sur une trajectoire folle, notre département était dramatiquement au bord de l’écroulement financier…

C’est à la fois le cabinet d’audit indépendant qui le souligne, à la fois le trésorier payeur départemental qui le confirme et je me pourlèche déjà les babines de ce que conclura bientôt la chambre régionale des comptes…

Cette trajectoire folle qu’avait provoquée l’ancienne majorité d’Yves ROME et de ses zélés vice-présidents, l’État lui-même en reconnaît aujourd’hui implacablement la réalité, en accordant à notre département une aide de 3,4 millions d’euros au titre du fond d’urgence qu’il a mis en place pour les quarante départements les plus en difficultés…« tout va très bien madame la marquise » entendait-on sur les rangs de l’opposition qui nous accusait d’exagérer le gouffre béant qu’elle avait ouvert sous nos pieds…Et c’est en fait un ultime-pied-de-nez que le gouvernement socialiste adresse à ses propres alliés socialistes locaux…

La majorité, sous l’autorité d’Édouard COURTIAL, engagea alors le redressement des finances publiques pour assurer rien d’autre que le sauvetage du département de l’Oise et près de 56 millions d’économies furent mises en œuvre, et j’ajouterais « avec courage »…Parce que ce sujet fut instrumentalisé à dessein, il faut saluer ici, sans retenue, nos partenaires qui ont été affectés par la baisse de ces crédits, et nous pensons au secteur de la jeunesse, de la culture et des sports.

Avec Khristine, Jean et Olivier, dont il faut saluer le sens des responsabilités, il a fallu expliquer partout, toujours, devant tous, nos choix de contraction des subventions et des dotations.

Aujourd’hui, ces efforts ont porté, et comme le président l’a annoncé ces secteurs retrouveront le soutien entier du conseil départemental.

Mais c’est de tous que nous avons exigé l’effort, à commencer par la majorité elle-même avec la rationalisation des dépenses de communication (-56 % en deux ans) ou encore avec la réduction des frais de représentation des élus (-55 % en deux ans).

Cette attitude vertueuse se traduit aussi par la transparence avec laquelle fonctionne enfin ce département comme nous avons pu le voter lors de notre commission permanente de lundi dernier…je pense ici à la nouvelle baisse de frais d’administration et de communication, je pense à la réduction du parc automobile et à la mutualisation des locaux qui nous fera gagner 1,2 millions d’euros par an.

Mes cher(e)s collègues,

La France sort bientôt de 5 ans de présidence de François HOLLANDE qui n’aura tenu aucun de ses engagements et on nous reprocherait à nous d’appliquer notre programme…curieuse conception de la politique qui a prévalu jusqu’alors mais mieux vaut une bonne potion sarkozyste devenue filloniste qu’une mauvaise potion hollandaise !

La France sort plus fracturée que jamais dans son histoire alors qu’elle vit en période de paix, plus inquiète que nulle autre nation, plus affaiblie que nul autre grand pays et on nous reprocherait à nous de sauver notre collectivité, de redynamiser nos territoires, de redonner sens à la politique…

Notre politique, c’est aussi celle du mouvement !

Que nous reproche-t-on ? D’avoir fait du pass permis un succès phénoménal pour près de 2 000 jeunes quand la disparition d’Ordi 60 n’accable que celles et ceux qui ne peuvent plus le revendre sur le bon coin ?

Que nous reproche-t-on ? De compenser l’absence d’autorité et de laxisme du Gouvernement quand des sapeurs-pompiers, des policiers nationaux, des gendarmes sont agressés, quand la justice de ce pays donne le sentiment de défendre davantage la racaille que la victime alors que nous déployons avec la vidéo-protection près de 560 caméras pour toutes les communes sans distinction (urbaines ou rurales) ou que nous contribuons à l’équipement des polices municipales ?

Que nous reproche-t-on ? De pallier le désengagement financier du Gouvernement (de 12 millions pour notre département au titre du redressement des finances publiques) quand nous soutenons les projets des collectivités en accordant 39 millions aux bénéfices de l’aide à nos communes ?

Que nous reproche-ton ? De soutenir la ruralité oubliée de tous avant nous, de respecter son identité, de préserver sa spécificité comme lors des dernières assises, en accordant près de 10 millions d’euros en 2 ans à l’assainissement rural ?

Que nous reproche-t-on ? De maintenir les investissements à hauteur de 150 M€ par an afin d’améliorer la qualité du réseau routier, de soutenir des projets essentiels comme le canal Seine Nord ou de déployer à très grande vitesse la fibre optique ?

Que nous reproche-t-on ? De ne pas augmenter les impôts quand les Gouvernements de François HOLLANDE ont abruti les ménages du choc fiscal qu’il promettait…un choc qui s’est mué en un véritable traumatisme fiscal.

Mes cher(e)s collègues,

Durant la campagne, nous avions dit qu'il fallait changer la politique.

Cela se voit par la volonté du président de ne pas piloter tous les satellites du département. Cela se voit aussi dans l’exigence qui est la nôtre de respecter notre programme en dépit des difficultés qui ne cessent de se révéler à nous…entre les errements de la majorité sortie et les purges du Gouvernement qui s’ingénient à créer ou à renforcer des politiques, certes nécessaires, mais avec les deniers des autres, et je pense ici à la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement dont le surcoût est évalué à 1 M€.

Jusque dans le social, dont on nous refuserait presque d’user de ce mot au simple motif que nous sommes de droite et du centre, nous n’avons à nous excuser de rien…alors que l’État, lui, capitule encore et toujours en rase campagne sur le financement des 108 millions que nous coûte le RSA…

Et que dire du renoncement de l’État dans ses propres missions régaliennes, et je pense ici à la pression migratoire que subit la France et dont les conséquences se font ressentir jusque dans notre territoire de l’Oise puisque le démantèlement des jungles, des bidonvilles qui resurgissent immédiatement juste un peu plus loin font affluer les mineurs étrangers non accompagnés dans des structures archi-saturées sans aucune compensation financière.

Mesdames et messieurs,

Durant la campagne, nous avions dit que les choix que nous devrions assumer ne seraient pas faciles.

" Vivre, ce n'est pas se résigner ! ", écrivait Albert CAMUS…devant les erreurs de l’ancienne majorité, nous ne nous résignons pas…devant la calamité de la présidence de François HOLLANDE, nous ne nous résignons pas…devant la poussée des extrémistes, nous ne résignons pas…

L’histoire de notre département ne peut pas faire bon ménage avec le statu quo et les arrangements à la petite semaine, ce que le Général de Gaulle qualifiait en son temps de " petite soupe sur son petit feu, dans sa petite marmite ".

A ce défaitisme, nous opposons un sens aigu du progrès et de la volonté et c’est bien cette marche résolue vers le progrès que traduit le budget que nous vous présentons ce jour.

Au renoncement, nous avons fait le choix de la détermination et de l’audace.

A toutes et à tous, allez dire maintenant que l’avenir redevient, grâce à la majorité réunie autour d’Édouard COURTIAL, non plus une menace mais bien une promesse…

Vive le département de l’Oise !

Vive la République et vive la France !

Je vous remercie.