Ainsi que je m'y étais engagé, les premières des 25 familles quittent maintenant le Clos des Roses. Chacun espère qu'il ne s'agit que de déménagement provisoire si, un jour, l’État de droit est rétabli dans ce quartier comme dans tous les autres car le Clos des Roses n'est malheureusement qu'un parmi beaucoup d'autres, un parmi trop d'autres.

Comme je l'ai demandé, nous prenons en charge financièrement cette opération, et nous assumons nous-mêmes le surcoût du loyer si tel est le cas. Il n'y a pas lieu que les familles subissent une triple peine : l'absence de sécurité, la racaille dans les cages d'escalier et l'environnement immédiat et le défaut de l'OPAC de l'Oise.

L'OPAC de l'Oise assume pleinement ses responsabilités, il le prouve encore une fois et il ne faudrait pas qu'il soit le seul.

Je rends un hommage vibrant à l'ensemble de mes équipes, à l'antenne de Beauvais comme à Compiègne, pour leur intense mobilisation sur ce dossier que nous conduisons la peur au ventre...

Il en va pas moins que de la vie de femmes, d'hommes et d'enfants.

Je maintiens que ce que vivent ces femmes, ces hommes et ces enfants est une tragédie...Nous n'avons d'ailleurs rencontré aucune famille, lors de nos entretiens, qui refuse ce départ...ce dont rendent bien compte les innombrables articles et reportages de la presse locale comme nationale...

Je n'ai pas non plus trouvé une autorité qui me propose une solution autre que la nôtre, ni qui assume nos responsabilités...Personne n'a rien fait jusqu'alors et l'on me reproche donc de faire...personne ne veut non plus rendre des comptes devant la justice des hommes et la justice divine à ma place alors que tout le monde, sans aucune exception, sait ce qui se passe au Clos des Roses depuis de longues années...S'il y a un mort, en raison d'une explosion ou d'un incendie, tout le monde dira, et les premiers concernés, "mais qu'a fait le président de l'OPAC de l'Oise qui savait ?"

J'entends bien la critique visant ma décision mais quelle alternative m'a-t-on suggéré ? Aucune, aucune, aucune...Je me demande si ce qui pose problème au Clos des Roses est le trafic de drogue (par lequel on achète la paix sociale dans notre pays en piétinant les lois), le recul des lois de la République ou le président de l'OPAC de l'Oise qui décide de protéger ses locataires ?

Sur la forme, certains ont pu s'émouvoir de ne pas avoir été informés...on me "convoqua" alors mais non pour me parler de la délinquance au Clos des Roses mais des manières républicaines...apparemment tout le monde ne partage pas les préoccupations de celles et ceux qui vivent dans ce quartier, et peut-être même n'y ont-ils jamais mis les pieds comme moi, j'y suis allé, comme d'autres y vivent sans autre choix que de subir.

Je le répète : Je suis prêt à mettre à disposition un logement de l'OPAC de l'Oise à ceux qui me critiquent (bon prince que je suis, je suis disposé à ne pas toucher le loyer) et je suis curieux de savoir combien de temps ils vont supporter le trafic de drogue dans l'escalier par des racailles qui portent des cagoules ou des masques d'anonymous, les "filtres" à l'entrée des immeubles, les menaces en cas de plaintes, les rodéos quotidiens, les feux à répétition, les destructions systématiques des parties communes, les violences urbaines quasi hebdomadaires, et pour seul horizon à nos enfants la drogue sous toutes ses formes avec les tarifs affichés sur les armoires des réseaux...

Mais pour eux "tout va très bien madame la marquise" les yeux rivés à chaque conseil des ministres sur une nouvelle promotion...

Visiblement, le sort de la France qui lutte pour vivre, qui a peur pour soi et pour ses enfants, n'intéresse pas ceux qui vivent, de manière transitoire, sous les ors de la République avec l'argent du contribuable...on peut bien vouloir ma perte (comme je l'entends), je m'en soucie comme guigne...et s'ils n'ont pas la mémoire courte, moi non plus...mais je les remercie de l'attention qu'ils portent à tous les actes signés "Arnaud DUMONTIER" afin que pas une virgule ne manque pour le déclarer "entaché d'irrégularités"...

Souvent, l'on chercha même à m'opposer à mon collègue Philippe MARINI...je maintiens que Philippe est un grand maire de Compiègne, et qu'il est moins responsable que victime de ce drame du Clos des Roses car c'est toujours vers le maire que l'on se retourne, même si, en ce cas, l'intensité de la situation dépasse de très loin la compétence du maire...et il n'y a pas lieu que les critiques émises me conduisent à infléchir l'engagement de l'OPAC de l'Oise à Compiègne...j'en veux pour preuve les 4,5 millions d'euros que nous engageons sur le quartier de l’Echarde, conformément à un engagement que j'avais pris et qui était réclamé de longue date par Philippe et que je lui accorde bien volontiers...L'OPAC de l'Oise travaille dans l'intérêt des communes...nous le prouvons encore.

De surcroît, en tant que président d'un bailleur, je n'ai pas à m'exprimer sur la politique locale...L'OPAC de l'Oise travaille aussi bien avec des municipalités de droite, sans étiquette ou de gauche...

C'est à l’État qu'il revient maintenant (et en fait depuis longtemps) de rétablir l'ordre républicain car c'est la sécurité des personnes et des biens est bien une mission régalienne...en sera-t-il capable un jour lui qui n'en est plus capable depuis des décennies maintenant...

La France est un grand et beau pays qui s'effondre...tout le monde le sait mais personne ne fait rien...on invente des plans de je ne sais pas quoi, on fait miroiter des dépenses mirifiques mais on ferait mieux de rétablir la sécurité car vous pouvez dépenser un million d'euros par jour dans ces quartiers, si on ne commence pas d'abord par éradiquer cette racaille, cela ne sert à rien, le Clos des Roses est en la tragique illustration.

La situation au Clos des Roses n'a pas surgi deus ex machina...et si j'ai été amené à prendre la décision d'exfiltrer des familles et de murer des cages d'escalier (au motif d'un risque imminent d'explosion ou d'incendie, je vous renvoie à tous les rapports que j'ai rendu publics), c'est que le processus de désagrégation a débuté il y a longtemps...j'ai moi-même alerté les pouvoirs publics au plus haut sommet de l’État pour réclamer une réaction forte...J'ai cru en la parole qui m'avait été donnée (des moyens de la direction générale de la police nationale, de la direction centrale de la sécurité publique et de la direction générale des douanes pour la rentrée de septembre 2016) mais force est de constater que les moyens déployés (s'ils ont jamais été réellement déployés !) n'ont pas été à la hauteur des enjeux...De toutes les manières, cela fait des décennies que les hommes politiques se succèdent sans rien changer, en se contentant de gérer la France comme un syndic en faillite, avec le satisfaction de la classe dominante...et pendant ce temps-là, la France s'effondre, le peuple gronde et souffre...

Là aussi, je rends un vibrant hommage aux forces de sécurité qui pénètrent dans ces quartiers, souvent en effectifs insuffisants, alors qu'elles savent qu'elles vont s'y faire "casser la gueule"...

Je souligne enfin la mobilisation extrême de la nouvelle procureure de la République, Virginie GIRARD, sur cette question. Je sais compter sur elle comme nous avions pu compter sur son prédécesseur Stéphane HARDOUIN même si chacun a conscience des moyens très limités du commissariat de police de Compiègne en termes d'effectifs pour conduire un travail de fond.