Monsieur le ministre, Mesdames et messieurs les conseillers départementaux (-les), Mes cher(e)s collègues,

La loi française ne reconnaît pas le principe de la double peine.

Selon la locution latine « non bis in idem », nul ne peut être poursuivi à raison des mêmes faits et pourtant, s’il existait, c’est précisément ce principe qui s’appliquerait ici après la publication du rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion 2010-2015, celle de l’ancien président du conseil départemental Yves ROME et de sa majorité.

Aussi lourde que fut la défaite politique de 2015, aussi implacable est le réquisitoire financier dressé par les magistrats de la juridiction financière en 2017…

Pour certains, il faudra encore bien du talent, bien des approximations, bien des accommodements pour expliquer ce qui ne peut plus être nié dorénavant : la dérive budgétaire folle et inconséquente d’Yves ROME et de sa majorité.

Voilà un rapport écrit par des magistrats indépendants et inamovibles qui vient aujourd’hui valider les conclusions du rapport écrit à l’époque par le trésorier payeur départemental qui validait déjà les conclusions du rapport écrit en son temps par un cabinet d’audit indépendant. Fichtre !

Cela fait beaucoup de validations pour que cela ne soit pas la vérité, unique, définitive…

Je ne reviendrai pas sur les données financières synthétiques et complètes présentées par le président Édouard COURTIAL, elles ont été dites après avoir été écrites, une fois, deux fois, trois fois…j’en résumerai toutefois l’économie générale :

Sur la gestion 2010-2015 : Oui, la gestion d’Yves ROME et de sa majorité a entraîné dangereusement le cours de notre département vers un gouffre budgétaire qui menaçait à très court terme sa pérennité même…

La logique qui prévalait est tout autant effroyable qu’incompréhensible : plus les contraintes structurelles pesaient sur notre département (au travers de la hausse constante des dépenses sociales, au travers de la réduction des dotations aux collectivités territoriales décidée par François HOLLANDE), ce que nous pouvons entendre, et moins la raison et la rigueur présidaient alors aux choix politiques, ce que nous devons condamner…il y avait toujours plus de dépenses infondées, toujours plus de recrutements inexpliqués.

Sur la gestion actuelle depuis 2015 : Oui, la gestion d’Édouard COURTIAL et de sa majorité est marquée du sceau de la responsabilité.

Les choix faits, pour les plus difficiles, ne l’ont évidemment pas été de gaieté de cœur, notamment lorsqu’il s’est agi de réduire les effectifs…et il y a lieu de saluer le travail accompli par Patrice MARCHAND et Jérôme BASCHER sous l’autorité du président Édouard COURTIAL.

Derrière le terme dont la compréhension est réservée aux seuls initiés « d’ETP » (équivalents temps plein), nous savions bien qu’il s’agissait de femmes et d’hommes dont le travail qu’ils ont accompli, faisait honneur à la fonction publique territoriale, et que nous renvoyions à l’inconnue de leur avenir et je ne parle pas ici des emplois de complaisance mis au service d’une réélection. Mais c’est un choix assumé car il en allait tout simplement du devenir de notre département et la réalité était que si nous, nous avons été contraints de faire ces choix si douloureux, c’est parce que ceux qui nous ont précédés ont toujours fait les mauvais choix en ce domaine.

Je pense aussi à Khristine et à Jean qui furent en première ligne pour assumer la baisse des aides aux associations mais ce fut, à vrai dire, le cas pour chacun d’entre nous sur les bancs de la majorité qui avait à assumer les erreurs et manquements de la majorité sortante et d’ailleurs sortie.

Mes cher(e)s collègues,

Il y a bien un avant et un après…et c’est tant mieux…c’est tant mieux pour notre département…certains, depuis Paris, parfaitement déconnectés des réalités de terrain que nous connaissons (et je rejoins en cela mon collègue Christophe DIETRICH) ont comme ambition de faire disparaître les départements qu’ils voient comme une strate superficielle entre des super intercommunalités auxquelles nos concitoyens n’entendent rien, et ils ont raison et des Régions toujours plus gigantesques et toujours plus lointaines et auxquelles nos concitoyens ne s’identifient plus, et ils ont raison.

Yves ROME et sa majorité semblaient avoir une autre ambition : dissoudre le département, croulant sous les dépenses, enseveli par un égo boursouflé digne d’un « Après moi le déluge » lancé par madame de Pompadour à l’adresse de son amant Louis XV en 1757, lors de la défaite des troupes françaises face à celles prussiennes.

Il y a bien un avant et un après…et c’est tant mieux…Les politiques départementales que nous déclinons ont bien comme objectifs de remettre cette collectivité au service de nos villes et de nos villages notamment au travers de la vidéo-protection, au travers de l’aide aux communes, au travers de l’aide au milieu associatif, au travers de l’aide aux plus fragiles de nos concitoyens.

Il y a bien un avant et un après, et c’est tant mieux car la gestion 2010-2015 incarne aussi précisément certaines dérives dont nos concitoyens ne veulent plus, et là encore ils ont raison…Je fais évidemment allusion à l’importance des frais de réception et de communication engagés, durant cette période, pour la seule gloire du précédent président, frais que notre majorité, sous la houlette de son actuel président actuel, n’a eu aucun mal à réduire de plus de 50 %...Comme quoi la politique menée dépend exactement de celui qui l’incarne et la porte, mais je ne pousserai pas plus loin la comparaison, la chambre régionale des comptes le fait très bien toute seule. Et en parlant de dérives, je ne peux passer sous silence la conception pour ne pas dire l’utilisation somme toute assez personnelle qu’avait Yves ROME de la collectivité ou du marché de l’automobile d’occasion…et si vous voulez un exemple, extrait de la page 15 de ce rapport pour illustrer mon propos, je vous le donne bien volontiers. Je cite donc la chambre régionale des comptes :

" Le 23 février 2015, la commission permanente présidée par l’ancien ordonnateur (tout le monde aura compris de qui il s’agit) a décidé de céder deux véhicules du département à un garage à leur valeur nette comptable alors que les cessions de véhicules légers du département se font habituellement par le biais de vente aux enchères. Ces cessions ont entraîné une perte potentielle pour la collectivité puisqu’une vente réalisée au prix de l’argus aurait permis de générer une recette supplémentaire de 13 354 € pour une Peugeot 508 et au moins 5 649 € pour une Renault Laguna. Le recours à un intermédiaire procède d’un manque de transparence puisque l’un des acquéreurs finaux est l’ancien ordonnateur (tout le monde aura compris de qui il s’agit). Le rachat immédiat des véhicules par cette personne s’est à fait des conditions avantageuses, le garage n’ayant réalisé qu’une marge de 80 € pour la Peugeot 508."

Cet exemple me laisserait ainsi à penser que si certains, à Paris, se prennent pour Jupiter, d’autres, à Beauvais, se sont pris pour Hermès…chacun ayant noté qu’Hermès, au gré de l’opportunisme politique, volait aujourd’hui moins qu’il ne marchait.

Mes cher(e)s collègues,

Le président Édouard COURTIAL nous a rappelés à nos responsabilités à la lecture de ce rapport, il a demandé à sa majorité de l’efficacité et de la sobriété. Le travail que nous accomplissons s’inscrit dans une double perspective :

• Continuer l’effort de redressement que nous impose le mandat d’Yves ROME et de sa majorité et soyez assurés que nous maintiendrons ce cap.

• Poursuivre la dynamique de renouveau et le souffle d’espérance que notre élection a fait naître et soyez assurés que nous atteindrons notre objectif.

Cela sera de nature aussi à réconcilier nos concitoyens avec la politique, et cet enjeu n’est pas mineur dans une France qui gronde, qui souffre où les premières mesures prises traduisent une méconnaissance absolue de ce qui fait le quotidien de la France qui se lève tôt, de l’Oise des villes et des villages, où les premières mesures traduisent une volonté clairement affichée d’affaiblir, de démanteler les collectivités territoriales.

Aussi, vive le département de l’Oise !

Vive la République et vive la France !

Je vous remercie.