Monsieur le conseiller municipal,

Vous avez bien voulu appeler mon attention sur la situation du camping SAS la Frette et je vous en remercie.

Il y a actuellement 52 personnes logées sur le camping.

La typologie est comme suit grâce au dernier recensement effectué par la police municipale :

  1. 18 emplacements propriétaires abritant 32 personnes ;
  2. 11 emplacements locataires abritant 20 personnes.

Sur la situation juridique du camping, je porte à votre connaissance qu’après avoir été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Compiègne, le camping SAS la Frette a été placé en liquidation judiciaire par le même tribunal de commerce de Compiègne dans la mesure où il s’agit d’une activité privée.

Sans ruine du fonds, le fonds de commerce a été restitué aux consorts MARTIN, soit Chantal DEPLANQUE, Yvon MARTIN et Claude MARTIN, tous les trois étant frères et sœurs.

Un administrateur a été désigné le mardi 26 septembre par le tribunal de grande instance de Senlis.

Pour votre parfaite information, j’avais été amené depuis mars 2014 à recevoir nombre de résidents sur la situation et le devenir de ce camping en leur faisant part de mon inquiétude. Ces rencontres se sont naturellement accélérées en raison de la dégradation de la situation et du flou entretenu par Claude MARTIN et sa fille Cindy MARTIN quant à l’avenir du camping.

En août 2017, j’ai provoqué une réunion en présence du sous-préfet de Senlis, les services du conseil départemental, maître Philippe LEHIRICY, liquidateur et la SICAE qui avait interrompu la fourniture d’électricité en raison d’un impayé de l’ordre de 4 000€.

En lien avec le sous-préfet de Senlis, nous avons obtenu le rétablissement – provisoire - de l’électricité.

A la suite de cet incident, j’ai écrit à l’ensemble des résidents le courrier dont je vais vous faire lecture, un courrier qui fut distribué à chaque résident par la police municipale en raison des élucubrations entretenues et de la faiblesse de certains résidents.

Je lis :

''Madame, monsieur,

Mon attention a été appelée par nombre d’entre vous sur la situation du camping et je vous en remercie vivement.

Je porte à votre connaissance que le camping a été placé par décision du tribunal de commerce de Compiègne, après une période de redressement, en liquidation judiciaire.

Cette procédure judiciaire tire les conséquences d’une gestion défaillante qui a conduit la société gérante du camping à la cessation d’activité.

Je vous précise que ce camping est une entreprise privée qui a un responsable juridiquement reconnu : madame Cindy MARTIN. C’est donc à elle qu’il vous revient impérativement de vous adresser pour connaître le devenir du camping ainsi que toutes les questions pratiques dont la fourniture d’électricité (etc.).

Le maire de Pont-Sainte-Maxence n’a absolument aucune responsabilité, ni compétence pour intervenir dans une procédure qui est ici exclusivement judiciaire.

Toutefois, à titre personnel, sachez que nous sommes très inquiets pour l’avenir du camping. La coupure d’électricité, en raison d’un défaut grave de paiement des factures, rajoutent largement à notre inquiétude.

Face à cette situation résultant uniquement de la carence avérée des gestionnaires actuels, j’ai mobilisé tous les services concernés pour trouver une solution. Celle-ci ne pourra cependant être que provisoire, afin que vous bénéficiiez de nouveau de l’électricité…mais qu’en est-il aussi de l’approvisionnement d’eau si les factures n’ont pas été non plus payées ?

L’affaire est à ce point compliquée que nous ne disposons d’aucun élément certain et solide d’informations sur l’avenir du camping.

Sachez qu’à ma demande, les services de l’État, du conseil départemental et moi-même sommes particulièrement mobilisés mais notre marge de manœuvre est quasiment nulle car il s’agit d’une activité privée.

Lors d’une réunion organisée en mairie, il est clairement apparu que nul n’est en mesure de vous dire si le camping va maintenir ou non son activité.

Seuls les propriétaires (consorts MARTIN) sont en mesure de répondre à ces questions car il s’agit de leur propriété.

Aussi, je vous invite de manière pressante à prendre l’attache de madame Cindy MARTIN afin de l’interroger sur le devenir du camping et de ne pas exclure, à court terme, un relogement hors du camping si celui-ci devait fermer. De la même manière, afin de protéger vos intérêts, je vous invite très expressément à payer dorénavant directement, sans aucun intermédiaire, et dans la mesure du possible, sous la forme de chèque avec réception d’une quittance, vos loyers à maître Cyrille TAILLANDIER du cabinet de l’office notarial LEFRANC & TAILLANDIER situé 42, rue de la République à Verberie. Dans cette situation complexe, soyez assurés que tous les services seront particulièrement mobilisés pour vous accompagner au mieux, compte tenu de l’urgence sociale.

Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, chère madame, cher monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs»'' (fin de lettre).

Depuis cette lettre, je suis en mesure de vous dire que des résidents ont d’ores et déjà pris attache avec les services du conseil départemental et les services de la ville afin d’accompagner leur relogement.

Je cite ici afin d’attester de ma bonne fois maître Emilie NOLLOT (dont le statut lui confère la qualité d’officiers publics, nommés par décision du Garde des Sceaux. Ils sont à ce titre investis d’une délégation de puissance publique).

''« Monsieur le maire, Nombre de résidents que j’ai pu rencontrer m’ont indiqué avoir pris l’attache de vos services et avoir fait avec leur aide des demandes d’attribution de logements sociaux »'' (fin de citation).

Je porte aussi à votre connaissance qu’après que le nouveau procureur de la République s’est présenté à moi, nous sommes convenus de provoquer une réunion avec le procureur de la République, le sous-préfet et l’ensemble des services de l’État et du département le vendredi 29 septembre afin d’envisager toutes les mesures judiciaires et administratives sur ce dossier. Vous me permettrez de ne pas vous en dire davantage de manière publique mais, sous le sceau de la confidentialité et en raison des charges que vous avez exercées avant moi, je suis disposé à vous revoir dès le lendemain pour vous informer de la teneur de notre discussion.

Je salue d’ailleurs l’allant du procureur de la République qui tranche de manière spectaculaire avec l’aquoibonisme de son prédécesseur sur ce sujet.

A la suite de cette réunion, je pense recevoir les résidents pour leur exposer la situation et leur indiquer toutes les voies d’accompagnement social par nos services, ce que nous avons commencé à faire, je le répète comme en atteste le courrier de maître Emilie NOLLOT que je viens de citer.

Enfin, je porte à votre connaissance que nous avons aussi été conduits, sur demande, à constater aussi l’insalubrité depuis mars 2014, soutenu la gendarmerie nationale dans le cadre d’une perquisition qui a conduit à l’arrestation de deux trafiquants de drogue (après qu’une dénonciation a été portée à la connaissance de la police municipale) en décembre 2016, et que j’ai procédé, dans l’intérêt de la personne, après avis médical, à une hospitalisation d’office en septembre 2017.

En demeurant diplomate, sachez que je suis très réservé quant à la poursuite de l’activité du camping au contraire de ce que déclare Claude MARTIN en raison des dissensions à l’intérieur de la famille et de la gestion hasardeuse pour ne pas dire obscure de celui-ci et de sa fille.

Sachez enfin que je pense qu’un camping a toute sa place à Pont-Sainte-Maxence, je ne suis pas convaincu que là où il se trouve, ce soit cependant le lieu idoine, que j’ai rencontré deux personnes intéressées pour créer un camping mais pas la reprise de celui-ci et qu’il serait souhaitable qu’il y ait un mixte de fonctions et non pas seulement un camping de résidences principales, j’entends par là que ce camping soit aussi à vocation touristique et que j’ambitionnerais davantage qu’il ressemble au camping de Maisons-Laffitte que je suis allé visiter durant l’été qu’à la cours des miracles.